lundi 29 septembre 2008

Prochain contrôle le vendredi 3 octobre!

Il portera sur la leçon 2, durera une heure et sera une étude d'un document.

La méthodologie est dans l'article précédent, M. DEBRULLE se propose, si besoin est, d'expliciter à l'oral.

Je voulais vous signaler que sur la page d'accueil il y a des bugs (on ne peut pas lire les articles entièrement).
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Méthodologie : étude d'un document en histoire.

Fiche méthode

Commentaire d’1 document en Histoire uniquement

Cet exercice consiste à exposer clairement les informations tirées de la lecture attentive du document, à les expliquer, et à les critiquer éventuellement en répondant à des questions précises.

  • C’est un exercice qui peut être proposé au bac dans le cadre d’une sous dominante en Histoire.
  • Le document présenté peut être un texte, un dessin humoristique, un tableau statistique, une photo, un graphique...
  • Quelque soit la nature du document, le questionnaire se présente toujours sous une forme assez stéréotypée. La 1° question est systématiquement : Présentez le document. Vous avez ensuite 2 ou 3 questions qui vous invitent à préciser tel ou tel aspect du texte ou à expliquer les évènements auxquels l’auteur fait référence. Vous terminez toujours par une question, (la 4° ou la 5° selon le cas) qui vous donne l’occasion de préciser l’intérêt de ce document et parfois même d’expliquer ce qui s’est passé après, il s’agit en quelque sorte, d’une question conclusion.
  • En principe toutes les questions sont notées de la même façon
  • Distinguez le texte descriptif d’un texte explicatif

Dans le 1° cas, il décrit une situation ou raconte un événement, il peut être inexact (erreur) ou même mensonger (volonté de cacher) c’est le recoupement avec vos propres connaissances qui vous permet d’établir la vérité.

Dans le second cas, le texte explique une situation ou une évolution, dans ce cas là, vous devez comprendre la vision d’un pays et de ses intérêts ou d’un groupe social et de ses intérêts

La présentation


Pensez d’abord à la nature du texte, est ce un texte officiel, un discours, un témoignage, un tract, un courrier personnel …

Est il écrit pour être lu par tous, par un certain public, par un interlocuteur ?

Qui en est l’auteur : est il connu, inconnu, sont ils plusieurs ? Si l’auteur est très connu, s’agit il d’un acteur de l’histoire ? Dans ce cas là, ne dites pas tout ce que vous savez sur lui, contentez vous de le présenter au moment de l’événement. Si ce sont des mémoires, dire qui est l’auteur au moment des mémoires et qui il est au moment des évènements.

Regardez la date, Est ce un acteur, un témoin contemporain, qui écrit à chaud, ou longtemps après.

Dans quel contexte ce document a t’il été écrit ?

Quel est le destinataire ? un public privé ? un ami ? est ce une note confidentielle ? une directive politique ? Doit il être lu beaucoup plus tard (après la mort) Ce peut être le cas des mémoires ?

Quel est le thème du document, le titre peut il vous aider ?

Dans tous les cas n’utilisez que les éléments pertinents par rapport au contenu du texte.

L’analyse du texte


Faire attention au choix du vocabulaire

Expliquer les évènements auxquels l’auteur fait référence.

Relever et éclairer les allusions à l’aide de vos connaissances.

Ne pas utiliser des passages du texte pour expliquer, mais commenter ces passages du texte.

Pensez toujours à aborder le texte de façon critique. Quelles sont les intentions de l’auteur ?

Pas de paraphrases (répéter ce que dit le texte sans expliquer)

Le texte n’est pas l’occasion de vous voir réciter le cours.


En conclusion


Quel est l’intérêt du document ?

Dire ce qui ce passe après.

Possibilité de critiquer le document : erreurs, omissions, partis pris


Quelques conseils pratiques

-Travaillez au brouillon pour noter et ordonner les idées que vous allez utiliser.

-+ vous maîtrisez de savoirs, + plus vous serez rigoureux et précis.

-C’est un exercice littéraire, écrivez lisiblement, correctement. Soignez l’orthographe.

-Travaillez avec votre montre et ne perdez pas de temps.

-Lisez bien la question et ne vous en échappez pas.

-Vous n’êtes pas noté à la longueur, soyez clair, montrez que vous maîtrisez.

Leçon 2 : une société qui se transforme de 1945 à 2000

Plan :


I° 1945-1973. Les 30 glorieuses

a)-Une croissance économique exceptionnelle

b)-L’apogée de l’industrialisation

c)-Une société sous tension

d)-Une société de consommation ...

e)-Avec une économie qui se transforme.

-Quels sont les facteurs de la croissance

a)-Le capital humain

b)-L’exemple américain

c)-Le rôle des états.

II° 1973-2000. Crise ou dépression ?

A- Le constat

1°- Le ralentissement de la croissance

2°- Une crise surprenante car imprévue

3°- Une crise durable

4°- La crise industrielle et la découverte du chômage

B- Des explications incertaines

1°- Le choc pétrolier ?

2°- Dérèglement monétaire

3°- L’épuisement du fordisme

C- Les politiques antidépressions mises en place

1°- Les politiques keynésiennes

-Difficultés rencontrées

2°- Le libéralisme

a- Les politiques libérales

b- Bilan des politiques libérales

-Dans le social

-En économie

D- Un monde en profonde mutation

1°- Bouleversements démographiques

2°- Bouleversement des activités

a- La révolution des techniques

b- Les mutations économiques

c- Une société de communications

3°- Une société duale

E- Vers une société de consommation

1°- Une société d’abondance

2°- Une société de loisirs

3°- Une société inégalitaire

F- Vers un village monde

1°- Vers la mondialisation

2°-Les acteurs de la mondialisation

3°-Les problèmes soulevés




Leçon 2

De 1945 à 2000 : Une société qui se transforme :

De la société industrielle à la société de consommation



Introduction : dés 45, la croissance économique est exceptionnelle. D’à partir de 1970, une série de crises modère fortement cette croissance. D’importantes mutations se produisent alors qui conduisent à la mondialisation imposant peu à peu la société de consommation tandis que la révolution informatique crée la société de communication



I°-1945-1973.

Une période faste qui marque l’apogée des sociétés industrielles «les 30 glorieuses»



a)-Une croissance économique exceptionnelle


Globalement 5% par an. Production des biens, des services X3 (30 glorieuses)

Mais croissance inégale : Japon et Allemagne très fort. RU moins marqué. En général, l’URSS et l’Europe surtout en plein essor (rattrapent USA) mais un fort décalage se crée entre pays industriels et tiers monde

Croissance caractérisée par le plein emploi, la forte natalité, les investissements techniques et l’ouverture des pays sur le monde avec multiplication des échanges due à la stabilisation des monnaies. La productivité progresse et l’ère de l’abondance semble s’ouvrir.


b)-L’apogée de l’industrialisation


La croissance est essentiellement due à l’industrie. Sa place dans la production des richesses est à son apogée vers 1970. Elle profite d’importants transferts de main d’œuvre libérés par l’exode rural. Le travail à la chaîne permet des économies d’échelle qui tendent vers une production de masse. Ces méthodes sont aussi utilisées dans les 2 autres secteurs. Elles sont à l’origine de mutations sociales profondes, à l’urbanisation et un mode de vie nouveau, tandis que l’ancien monde paysan disparaît.


c)-Une société sous tension


Ceci se passe en 30 ans à peu près, c'est-à-dire en 1 peu plus d’un renouvellement de génération. C’est un traumatisme vécu, plus qu’un nouvel âge d’or. Les conflits sociaux, nombreux, ne se règlent pas toujours par la négociation. En fait ce que l’on vie dans cette période, c’est : A qui profitent les fruits de cette croissance ? Parmi les réponses données par les gouvernements pour aplanir ces différences on note les nationalisations, les planifications ainsi que la mise en place d’une législation qui garantit la sécurité matérielle de chacun (état providence)


d) Une société de consommation


Formidable progression du niveau de vie (en France en prix constant X par 5 de 45 à 73).

Reconnaissance des syndicats dans les négociations salariales, indexation des salaires sur la hausse des prix, fixation d’un salaire minimum garanti, diverses prestations versées par l’état providence, développement de systèmes de retraites, permettent d’échapper aux crises cycliques. Les inégalités entre les individus se réduisent, les exclus sont peu nombreux.

Favorisée par la publicité naissante s’installe une société de consommation : alimentaire, logement et habitation sont concernés : en 1973, en France, 54% de ménages ont une voiture, 80% une télévision, 86% un frigo, 65% une machine à laver. Le crédit rend possible tout ceci, d’autant plus que l’inflation allège les factures. La profusion des « grandes surfaces » nées aux USA encourage la consommation.

En parallèle dans ces sociétés naît une contestation qui peut prendre une note ironique (cinéma, littérature) mais aussi plus dure, à la fin des années 60 d’une jeunesse dite « dorée » qui dénonce la banalité de la vie « métro –dodo -boulot » et explose en mai 68.


e) Avec une économie qui se transforme


Dans ces années, le pétrole supplante le charbon, ce qui révolutionne les transports : super pétroliers, avions à réaction, pétrochimie (textiles synthétiques, matières plastiques).

3 secteurs industriels sont particulièrement dynamiques : le secteur des industries de transports (automobiles, avions, trains) celui des industries des biens de consommation (électroménager et télévision en particulier), celui des industries de pointe (électronique)

C’est pendant cette période que se développe la conquête de l’espace : 1° satellite artificiel ; Spoutnik en 1957, 1° homme dans l’espace, Gagarine ; 1961, 1° pas sur la lune ; Armstrong en 1969.

La croissance et les exigences techniques et financières favorisent le phénomène de concentrations. Aux USA, en 1960, 500 entreprises emploient plus de 75% des salariés et réalisent 4/5 des bénéfices du pays.

En 1967, l’économiste américain Galbraith analyse ces mutations du capitalisme et en déduit que le pouvoir échappe aux possesseurs de capitaux pour passer aux mains de la technostructure.

Ces firmes ont tendance à franchir les frontières pour s’établir sur les marchés étrangers soit pour avoir une main d’œuvre moins coûteuse soit pour pénétrer les marchés.. En 1971, ces entreprises appelées multinationales représentent 20 % du PNB des économies capitalistes.


Quels sont les facteurs de la croissance?



a) Le capital humain.


Le baby boum conduit à un rajeunissement des populations et des mentalités. S’il n’est pas toujours facile d’établir un lien entre la croissance démographique et la croissance économique (le Japon et l’Allemagne réussissent bien et ont de tous petits taux de natalité), il n’en reste pas moins que cette natalité extraordinaire stimule la construction de logements et d’écoles tout en dopant la consommation.

Important aussi l’augmentation du taux de qualification et de scolarisation à 18 ans qui passe de 17% en 1958 à 54% en 1975. Mieux nourrie, mieux soignée, mieux formée, la population active semble être l’un des facteurs privilégiés de la croissance.



b) L’exemple américain

Ils ont un niveau de production supérieur à tous les autres pays. Ces derniers vont donc les copier. Ainsi le patronat français (plus cadres et ingénieurs : 2620 personnes) qui fait ses classes dans les entreprises US découvre qu’il faut une consommation de masse pour absorber une production de masse, qu’on peut gagner + en vendant - cher à + de monde.

Les USA vont jouer un rôle déterminant en incitant à la création du GATT en 1947 qui par la baisse des tarifs douaniers va doper le commerce international, celui ci progressant de 8% / an.



c) Le rôle des états


Déconsidéré par la crise de 29, le libéralisme va céder le pas aux interventions accrus des pouvoirs publics.

Les états vont intervenir dans l’investissement, en France, en Italie, en Allemagne ils gèrent un vaste secteur public qui s’est investi dans la reconstruction et la modernisation du pays.

Les commandes militaires jouent un grand rôle dans les secteurs de l’aéronautique (88% aux USA) et dans l’électronique (64%) L’état apparaît comme garant de la postérité.


Repères Chronologiques

1945 - Premier ordinateur aux USA

1947 - Signature du GATT

1948 - Invention du transistor.

Fabrication du 1° disque microsillon

Entrée en vigueur du plan Marshall

1950 - Sony conçoit le 1° magnétophone

1951 - Début de l’énergie nucléaire.

1952 - 1° détergent de synthèse (Omo)

Naissance de la pilule contraceptive (USA)

1953 - Naissance de la télévision couleur (USA)

1955 - Les bas sans couture sur le marché

1957 - Traité de Rome

1960 - 1° boite de conserve en aluminium

1° stylo feutre. Création de l’OPEP.

1961 - Invention des circuits intégrés.

1962 - 1° satellite télécom.

1964 - Ouverture de la conférence de l’ONU sur

le commerce et le développement (CNUCED)

1970 - 1° fibre optique.

1971 - Suspension de la convertibilité en dollar.

1972 - La coccinelle bat les records de vente de la Fort T.

Mise au point de la lecture laser.

1° calculatrice de poche.

1973 - 1° choc pétrolier.



II) Après 1973.

Croissance molle, sous le signe des crises et des mutations sociales. On parle de grande dépression



A) Le constat



1) Le ralentissement de la croissance


Crise d’octobre = fin de croissance. En fait c’est surtout une diminution de la croissance marquée par des temps de crise (comme 73-74)

Fin des années 60 marquée par forte inflation qui détraque l’ordre établi par les américains. Ceci combiné à la hausse du pétrole et à la baisse des activités=stagflation (stagnation + inflation)

Les politiques des états finissent par vaincre l’inflation mais la croissance économique est fragile et provoque des inégalités au sein des pays comme entre les pays.


2) Une crise surprenante car imprévue.


Jusqu’en 1970, la croissance du PIB dans les pays de l’OCDE un peu + de 5%, le volume des exportations mondiale : + 25% entre 70 et 73. En 1973, guerre du Kippour : à la suite du conflit, le prix du brut du pétrole est X par 4 par rapport à 1970. Cette crise arrive au moment ou l’inflation atteint les 10%, ou la production industrielle s’essouffle et ou le chômage monte. Cette crise surprend car elle va à l’encontre des discours des spécialistes : chômage et inflation incompatibles. Et pourtant si. On appelle ce phénomène la « stagflation » : stagnation + inflation.

3) Une crise durable


Dés 75, chômage et inflation diminuent, la production reprend, mais croissance molle, et rechute en 79 lorsque survient un nouveau choc pétrolier à la suite de la révolution iranienne qui entraîne le cours du baril à la hausse, les pays de l’OPEP décident de tripler son prix. En 1982 la production mondiale recule et chômage et inflation réapparaissent. A ce moment là, tous les pays du monde sont touchés ; pays communistes, comme pays du tiers monde (déséquilibre de leur balance commerciale).

En 82, le prix du baril baisse, contre coup des politiques d’austérité des pays consommateurs d’énergie, l’inflation est progressivement maîtrisée mais le chômage, principale manifestation de la crise, reste très présent. On peut donc dire dans les années 90 qu’il s’agit plus d’une dépression que d’une crise.


4) La crise industrielle et la découverte du chômage


Le coup de frein à la croissance fait découvrir le chômage aux pays industrialisés. Années 60, Pas de chômeurs. 35 M en 1980. Il s’installe lourdement dans notre société devenant structurel et non plus conjoncturel. C’est que la société industrielle est malade en occident. On assiste à une désindustrialisation qui se manifeste entre autres par des délocalisations et a pour conséquence de fragiliser une frange de la population.

Nous verrons plus loin les luttes engagées dans nos sociétés pour combattre cette crise. A la politique traditionnelle Keynésienne d’intervention de l’état s’oppose un courant de droite néolibéral qui impose sa politique au RU puis aux USA (Thatcher et Reagan)



B) Des explications incertaines



1°) Le choc pétrolier ?

Incontestablement le prix X par 4 a perturbé les balances commerciales des pays importateurs. On résorbe le déficit en important moins, c’est à dire en ralentissant l’activité économique, en diminuant la consommation intérieure. Et en produisant surtout pour l’exportation. La hausse du pétrole a aussi favorisé l’inflation. Qui va payer la facture ? Les salariés ou les entreprises. La France et le Royaume uni choisissent différemment

Remarquons : la baisse du prix du pétrole n’a pas réglé le problème


2°) Le dérèglement monétaire ?


Pour d’autres économistes, la crise correspond à l’effondrement du système Bretton Woods. En décidant en 8-71 de suspendre la convertibilité du dollar en or et d’abandonner la parité fixe (le pétrole augmente pour compenser la dévaluation du dollar donc la baisse de leurs recettes) Certains pays vont sacrifier leur monnaie pour résorber leur taux de chômage (on fait marcher la planche à billets pour indexer les salaires sur les prix) conséquences ; inflation + hausse des salaires. Manque de ressources pour investir donc ralentissement des affaires et accroissement du chômage.

Oui, mais après 1980, l’inflation diminue fortement, la hausse des prix aussi et la dépression se poursuit.


3°) L’épuisement du fordisme


Au début des années 70, le travail à la chaîne est contesté, et il n’est plus rentable de favoriser les salaires pour relancer la consommation (fordisme), les coûts salariaux s’alourdissent, pour répondre à ce problème, soit on délocalise, soit on robotise. Mais cela aggrave les problèmes dans les pays industriels.

Il était facile d’écouler la production dans les années fastes des 30 glorieuses, pour beaucoup de couples, il s’agissait d’un premier équipement. Désormais, on ne parle que de renouvellement et la demande est moins forte. En plus de nouveaux pays producteurs viennent soit vendre, soit s’implanter dans le pays et concurrencer l’industrie locale



C° Les politiques anti dépressions mises en place.



1°) Les politiques Keynésiennes


La première recette utilisée pour remédier à cette dépression est la recette de 1930, elle est mise en place en France par J. Chirac puis par P.Mauroy, aux USA par J Carter : Il faut relancer la consommation des ménages pour relancer la machine économique (création d’emplois de fonctionnaires, aide aux entreprises en difficulté, pratique du déficit budgétaire). Ces politiques sont bien accueillies par le public. Elles ont un rôle positif dans un premier temps. Grâce à l’état providence, la consommation des ménages reste élevée. On achète aujourd’hui à crédit ce qui sera plus cher demain.

Mais... les ressources financières investies dans cette relance ne le sont pas dans la modernisation et la compétitivité de l’entreprise, Ce qui atténue la crise aujourd’hui risque de la prolonger.

Les difficultés rencontrées

Ces politiques créent des déficits qu’il va bien falloir régler (remboursement de la dette publique) On va donc augmenter les règlements obligatoires (les impôts) résultats : accroissement de l’inflation et monnaie affaiblie. Donc on dévalue. De plus depuis 1950 l’Asie du sud est s’industrialise dans un contexte favorable à la mondialisation. Sa production a très bas prix (en raison des bas salaires) est très attractive et absorbe la manne distribuée par les états : le renforcement du pouvoir d’achat profite aux industries étrangères.

De telles politiques sont abandonnées par certains pays (R.U, Allemagne) au profit de politiques de défense de la monnaie, ce qui entraîne le blocage des salaires



2°) Le libéralisme


a) Les politiques libérales


Le libéralisme était déconsidéré depuis la grande crise de 1929 qu’il n’avait pas su dompter. Aussi nombreux sont les septiques et tout d’abord les gens eux mêmes attachés aux principes de l’état providence. On parle plutôt aujourd’hui de néolibéralisme. En gros 3 écoles : celle de Vienne ; il faut aider les entreprises et non pas les ménages. Celle de Chicago ; l’état doit respecter l’équilibre du budget. Enfin d’autres sont pour la théorie de l’offre ; il faut baisser les impôts pour relancer l’activité.


b) Le bilan des politiques libérales


-- En économie :

Tous les pays développés vont adopter ces mesures, certains de façon très vive et très tôt : 1979, c’est le cas des USA et du R. Uni, d’autres de façon plus souple et plus tardive 1982, France, Allemagne, Japon. Ces gouvernements limitent les hausses de salaire, le rôle des syndicats, l’état privatise et déréglemente, impôts diminués (RU, USA).

L’inflation recule, la croissance reprend mais à un rythme modéré, en fait les capitaux libérés par les baisses d’impôt et les limitations de salaires alimentent la spéculation boursière (krach de 87)

-- Dans le social.

Dans certains états : moins de chômage mais plus de petits boulots précaires. Les sans qualif sont fragilisés alors que les spéculateurs font des fortunes rapides. Apparition d’une nouvelle classe : les nouveaux pauvres que plus rien ne protège, rejetés à la rue (émeutes de Los Angeles 1992)

Conclusion : les méthodes Keynésiennes ménageaient les populations au détriment de la production. Les méthodes libérales ont assaini l'économie mais à quel prix !


D) Un monde en profonde mutation



1°) Des bouleversements démographiques.

Faible dynamisme démographique = ralentissement de la croissance démographique.

L’indice de fécondité des pays développés passe de 2,8 avant 1970 à moins de 2 après. Cela entraîne un vieillissement de la population et une augmentation du % des + de 65 ans. Dans ces pays on ne construit plus ni école ni théâtre ... essoufflement des activités économiques. Péril aussi pour l’état providence car augmentation des dépenses de santé.


2°) Bouleversement des activités. La 3° RI


La mutation des activités économiques est spectaculaire, ainsi alors qu’il n’y a plus de paysans, la production agricole ne cesse d’augmenter. Second bouleversement : L’importance énorme prise par le secteur tertiaire - 66% des emplois dans les pays développés - alors que les emplois du secondaire chutent.

Nous sommes dans une société post industrielle, avec de petites entreprises très performantes qui sont à l’origine de la remise en causes d’entreprises géantes quant à leurs objectifs et leur stratégie.


a) La révolution des techniques


A la sortie de la guerre on est encore dans le système technique de la 2°RI, mais avec l’explosion nucléaire puis les centrales (1950) et la conquête de l’espace (lune 1969) une nouvelle aire. C’est surtout au début des années 70 que l’électronique et l’informatique ouvrent la 3° RI (sans compter les travaux sur la biotechnique et la génétique)


b) Les mutations économiques


Ces nouvelles technologies ne remplacent pas mais s’ajoutent aux précédentes ainsi se met en place une division internationale du Travail (spécialisation due à la main d’œuvre, aux matières 1°, aux marchés) qui génère une hiérarchie mondiale des états. La recherche devient un enjeu majeur (technopoles)

Dans le domaine de la production : on robotise. Dans celui des échanges, bouleversement total : Internet, le câble, satellites, portables forcent l’économie à plus de souplesse (conception, production et commercialisation sont intimement liés et peuvent s’adapter très vite et pas dans un même lieu)


c) Une société de communication ?


Toutes ces innovations renforcées par la modernisation des transports traditionnels accroissent fortement les échanges. Nous sommes maintenant dans une société de com.

Ces innovations simplifient elle notre vie pour nous laisser plus de loisirs ?

L’évolution qui se dessine ne conduit elle pas à l’uniformisation par le biais du marketing. Ne va-t-elle pas aggraver les inégalités N/S ?


3°) Une société duale


Il semble que le chômage important depuis le début de la dépression sera une constante des années à venir. Touchera t’il comme aujourd’hui plus les femmes que les hommes, plus les jeunes que les « vieux », plus les sans diplômes que les diplômés, plus les qualifiés que les non qualifiés. S’attendait on hier à ce que les cadres soient au chômage ?

Ainsi rentre t’on dans une société duale ou se disloquent les solidarités avec d’un coté, un groupe de privilégies détenteurs de diplômes, d’argent, compétitifs, dressés à la réussite et à l’autre bout une société d’exclus et d’assistés démunis de tout.


E) Vers la société de consommation (C’est quoi ?)



a) Une société d’abondance


La croissance économique de l’après guerre à multiplié les biens de consommation et l’on passe (les pays développés) de la pénurie à l’abondance. Mais qui en profite ? Pour qu’un maximum en bénéficie, on augmente les salaires (et on mensualise) et l’on verse des prestations sociales. (De 45 à 70, les salaires sont X par 3. La hausse du pouvoir d’achat est très forte : pourquoi ? d’abord il y a de l’argent, ensuite les syndicats sont combatifs et les gouvernements les ménagent. L’équipement des ménages en biens durables se développe en même temps que l’utilisation des crédits à la consommation se répand). Ces habitudes sont prises et pèsent dans la période de dépression ou elles perdurent en dépit des difficultés dans certains milieux.

L’offre est toujours là.


b) Une société de loisirs


L’élévation du niveau de vie modifie les dépenses et les aspirations des ménages : La part de l’alimentation diminue alors que celle de la santé et des loisirs augmente. En plus, on travaille moins de temps, que le temps libre augmente en même temps que s’allonge la vie.

Cette consommation de masse a tendance à uniformiser les modes de vie, à suivre “l’american way of life“. Ainsi voit on s’imposer le confort, la grande ville, les sports, les vacances, les média, l’individualisme, la recherche de plaisirs ... La publicité contribue à la diffusion de ce modèle. Ce type de société est contesté dans les années 60, il est hyper matérialiste et appauvrit la vie spirituelle. Mais c’est en même temps un temps fort pour les progrès de la liberté et pour l’émancipation des femmes.


c) Une société inégalitaire


La consommation de masse crée des inégalités alors que l’on pensait le contraire. En effet la publicité qui différencie les marques, différencie aussi les publics qui se reconnaissent avec tel ou tel produit. Elle crée aussi plus de besoins qu’elle n’en satisfait.

Dans la période de croissance molle, avec le chômage et le resserrement des salaires, ces différences s’accentuent et sont aggravées par le phénomène d’exclusion. Entre nouveaux pauvres et nouveaux riches, on parle de fracture.


F) Vers un village monde ?


1) Vers la mondialisation


Depuis 45 on assiste à une accélération de toutes les sortes d’échanges (hommes, X, capitaux). Les systèmes protectionnistes sont rejetés, au contraire l’après guerre voit naître le GATT (47) qui concrétise la victoire du libre échange et se transforme en OMC en 1994. Aujourd’hui, 20% de la production mondiale est échangée contre 5 en 1950.

Depuis 1980 on peut parler de mondialisation de l’activité économique car à tous les stades de l’élaboration d’un produit (recherche, finances, production, commercialisation) on raisonne à l’échelle planétaire. L’importance accrue des flux financiers et d’informations (nouvelles techniques) est un vrai moteur. De plus nouveaux marchés avec la cassure du bloc de l’est et l’ouverture de la Chine


2) Les acteurs de la mondialisation


Ils sont 3, interactifs : l’état, l’entreprise, le consommateur. On assiste à un recul du protectionnisme étatique (social et frontières) les entreprises y ont vite trouvé leur compte, elle deviennent de + en + non nationales (origine des capitaux). Mais il y a aussi de + en + une mondialisation de la demande influencée par la publicité qui tend à pousser vers un modèle unique avec émergence d’une culture mondiale. Les entreprises ont assez de mobilité pour suivre le marché.


3) Les problèmes soulevés


Cette évolution est devenu un grand débat depuis quelques années. Les partisans de la mondialisation pensent que c’est positif (abondance des biens et des services), les alter mondialistes redoutent l’uniformisation culturelle, le règne des marchands et les risques écologiques.

Ce qui est sûr c’est qu’aujourd’hui les différentes sociétés sont interdépendantes. Et les mauvais coups ici, ont des répercussions là bas. C’est pourquoi une gouvernance mondiale semble incontournable qui regrouperait responsables des grandes entreprises et institutions publiques et tenterait de réguler tensions et conflits entre les pôles de puissance mais aussi mais aussi entre pôles dominants et pôles dominés.

vendredi 19 septembre 2008

Le monde en 1945

Leçon 1

LE MONDE EN 1945

Leçon 1

LE MONDE EN 1945



I°) Une victoire coûteuse

A) Un super désastre



1°) Les pertes humaines


Au total, à peu prés 45 millions de morts, soit plus que la grande guerre.
21 millions de soviétiques dont 2/3 de civils
6 millions de morts chez les polonais, soit 20% de la population de 39 (dont 4 millions de juifs, presque tous civils).
Royaume Uni : 400 000 morts dont 100 000 civils.
France : 600 000 morts dont 400 000 civils.
Yougoslavie : 1 600 000 morts dont 1 millions de civils.
Allemagne : 5 millions de mort dont 500 000 civils.
Japon : 2 millions de morts dont 500 000 civils.
Exception des USA qui ont autant de combattants que de morts
Quelles sont les causes des pertes civiles ?
--Déportation plus représailles = 12 millions de morts.
--Bombardements comme en 39 : Varsovie. Mai 40 : Rotterdam, puis bataille d’Angleterre. En 4-44, Coventry est rasée. Même chose plus tard sur les villes allemandes : En 2-43, les Américains larguent des bombes incendiaires sur Hambourg en 2-45, les GB rasent Dresde : 135 000 morts.
--Guerre civile aussi entre Serbes et Croates : 1 million de morts.
--Sous alimentation et maladies infantiles en Pologne et dans la zone russe occupée. --Disette en Hollande.
Problèmes aussi des personnes déplacées : Les populations d’Allemagne orientale fuient les armées soviétiques (pillage et violences) : 10 millions d’allemands de Pologne de Hongrie, de Yougoslavie, de Tchécoslovaquie sont renvoyés en Allemagne. Déplacement aussi des polonais dans les régions rendues aux russes. Beaucoup attendront longtemps dans les camps.

2°) L’ampleur des destructions.

L’Europe est surtout touchée, l’Asie et l’Afrique moins, sauf en Malaisie, dans les îles du pacifique, dans certaines régions de Chine ( en guerre depuis 37 ) Au Japon, Tokyo et les grands centres industriels détruits ( + Hiroshima et Nagasaki ) Les américains doivent ravitailler le pays après la capitulation.
Grande ampleur en Europe orientale :
En Pologne, pillage dés 1939, villes en ruine, en 1944, Varsovie est détruite méthodiquement. En 1945, le pays qui a perdu les 4/5 de son potentiel industriel. Est touché par la famine.
L’Ukraine et la Biélorussie, terres brûlées par les russes qui reculent, et destructions systématiques des allemands qui progressent.
La Yougoslavie est très touchée aussi : villages et campagnes sont ravagés.
L’Allemagne est couverte de ruines, toutes les grandes villes sont détruites mais le potentiel industriel est préservé.
A l’ouest, la France est la plus meurtrie ; les voies ferrées (80% des locomotives) les ports inutilisables, les plages minées, la production industrielle 40% de celle de 1939.


B) Choc moral pour l’Europe.

En 1945, on découvre les camps de concentration : dignité humaine ?- humiliations, tortures, races inférieures—génocide. L’Allemagne savait et n’a rien fait, sauf quelques résistants de gauche et quelques chrétiens.
Problème de la responsabilité collective de l’Allemagne ; les alliés veulent dénazifier l’Allemagne : 600 000 privations de droits civiques.
Procès de Nuremberg contre « les criminels de guerre » Göring, Ribbentrop, Keitel, Rosemberg, Franck ... sont condamnés à mort. Bien d’autres ont échappé en Espagne, en Amérique du sud ou... en Allemagne.
Le procès a mis en évidence la notion de crime contre l’humanité mais avec des restrictions car les vainqueurs sont blanchis, ainsi les soviétiques leurs déportations (Tatars, Kalmouks, Tchétchènes) et leurs massacres (Katyn), les anglais avec Dresde et les américains avec la bombe atomique.
On a aussi le cas de conscience des citoyens dans certains pays : doit on respecter les décisions du gouvernement même collabo ou faire un choix patriotique de résistance ?
Utilisation de la bombe atomique : 110 000 décès de suite, 370 000 en tout. Prise de conscience que la planète peut disparaître


C) Les effets économiques du conflit

L’Europe, la Chine et le Japon sortent complètement ruinés au profit de certains pays neufs. Pour régler leurs énormes dettes, la France et le Royaume Uni doivent liquider leurs avoirs à l’extérieur. En 1945 par exemple, les anglais doivent 126 millions de livres à l’Argentine, pour éponger cette dette ils cèdent tous leurs avoirs dans ce pays. Avec le Commonwealth, 2 700 millions de livres de dette (Indes, Union S.A., Nouvelle Zélande, Australie Canada). Mais c’est essentiellement aux USA que l’on doit : La production industrielle a doublée de 39 à 45.le revenu national de 75%, les salaires ont été multipliés par 2. Il y a 9 millions de chômeurs en 1939 et pénurie de main d’œuvre en 1945. Mais avant tout, c’est l’accroissement de la capacité productive et la modernisation de l’appareil industriel qui impressionnent le plus. La balance commerciale est excédentaire, et si l’on excepte l’URSS, les USA possèdent 80% de l’or mondial.
Pour éviter une crise de reconversion, ils participent à la reconstruction de voient que c’est peu réaliste. Les soviétiques au contraire imposent les pays vaincus : lourdes réparations, livraison de pétrole de matières 1°, de machines.
L’Europe est endettée et connaît une forte inflation donc peu de possibilités d’achats aux USA, l’économie mondiale remise en route suppose la réorganisation du système monétaire international. Conférence de Bretton - Wood en 7-44 = Réorganisation des monnaies au profit du dollar.


II°) Les Nations Unies

A) Vers une nouvelle organisation internationale.


La SDN s’est très vite retrouvée sans pouvoir, les USA n’y ont jamais été, l’URSS exclue en 39 après l’agression sur la Finlande. Roosevelt en parle en 41 dans la charte de l’Atlantique. En janvier 43, les alliés s’engagent à établir un organisme fondé sur un pied d’égalité entre états. A Yalta, ils décident d’adjoindre 2 autres membres permanents : France et Chine. Les décisions devront être prises à l’unanimité. Droit de veto pour les 5.



B) L’ONU.

Elle est fondée le 25-6-45 à la conférence de San Francisco. Il y a 51 pays (pas les pays vaincus). Tous les pays adhérents participent à l’A. G. annuelle.
N’importe quelle question peut être inscrite à l’ordre du jour, mais on ne peut émettre que des recommandations, les décisions relèvent d’un conseil permanent, le conseil de sécurité qui comprend 11 membres : les 5 grands plus 6 élus par l’assemblée. Le veto d’un seul des 5 membres permanents suffit à tout bloquer d’ou prépondérance des grandes puissances.
Un secrétaire général élu pour 5 ans assure l’administration permanente de l’ONU et siège à New York.



C) La coopération internationale.


Mission fondamentale de l’ONU = maintien de la paix.
Le conseil de sécurité peut se saisir de toutes questions mettant en péril la sécurité internationale, peut prendre des sanctions morales, économiques (embargo) et même décider de mesures militaires.
Tout membre doit prêter des forces armées, laisser le passage. Les casques bleus peuvent s’interposer entre les belligérants, mais pas de caractère permanent à cette intervention.
L’ONU à l’avantage de créer des liens permanents entre les grandes puissances, d’être un lieu privilégié ou s’expriment les affrontements, mais le droit de veto est paralysant : En 46 il y a 51 états, en 56, il y en a 80, et 154 en 1982 (quasiment tous aujourd’hui).
Mais l’ONU a bien d’autres institutions spécialisées. Elle a également élaboré une déclaration universelle des droits de l’homme...




D) L’avènement des superpuissances

Avec l’effondrement des nations européennes, Américains et soviétiques occupent le terrain, s’entendent sur le sort de l’Allemagne, sur la ligne Oder-Neisse. C’est aussi une façon de reconnaître la main mise de l’URSS sur l’Europe de l’Est. Aucun autre état ne peut rivaliser avec les 2 grands d’autant plus que la faiblesse des puissances européennes est mise à profit dans les territoires colonisés. Tout annonce un mouvement de décolonisation soutenu par les 2 grands et cautionné par l’ONU



Debrulle J.L. Hist/Géo Lycée St Sernin