dimanche 26 octobre 2008

Leçon 4 : Le modèle Soviétique

Leçon 4

LE MODELE SOVIETIQUE.

A) La primauté de l’idéologie.

1°) La toute puissance du P.C.

Article 6 de la constitution : le P.C. est la « force qui oriente et dirige la société soviétique ». Le secrétaire général est le grand patron. Il contrôle la nomination des membres du secrétariat, du bureau politique (12 membres, véritable gouvernement.) et du comité central de 481 membres (réunis 2 X par an). Depuis 1921, le parti obéit au principe du « centralisme démocratique » et suit la ligne définie par le SG. Qui est ratifiée par le congrès Toute opinion minoritaire doit être abandonnée sous peine d’exclusion (Staline ne se gêne pas). Le parti contrôle toutes les structures de l’état ; les 15 républiques fédérées sont étroitement dépendantes de Moscou et sont russifiées. Les organes étatiques n’ont aucun pouvoir réel : le soviet de l’Union et le soviet des Nationalités élus au suffrage universel (bidon) se réunissent 2 fois/an (soviet suprême), vote à main levée pour approuver la composition du conseil des ministres et du présidium dont le président est le chef de l’état (fonction combinée avec celle de SG).

2°) Le contrôle de l’économie et de la société

Tous les moyens de production appartiennent à l’état. Les terres sont collectivisées depuis les années 28-32 et l’industrie étatisée, tout cela dure jusqu'à Gorbatchev, seule concession ; petits lopins de terre attribués aux kolkhoziens en 1935. La production est dirigée par une planification quinquennale, l’accent est mis sur l’industrie lourde et le matériel de l’armement, au détriment des industries de consommation.

La propagande joue un très grand rôle : le communisme crée une société sans classe et prépare des lendemains qui chantent (enseignement et médecine gratuites, sports, pas de chômage, ...) Mais le niveau de vie reste bas, l’égalité est de façade, la « nomenklatura » élite du parti, de l’armée et de la bureaucratie truste tous les avantages.

La société souffre aussi d’absences de liberté : aucune expression politique autorisée, censure sur toute forme d’expression, pas de droit de grève. Pour les dissidents : goulag ou hôpital psychiatrique.

A) Un rayonnement planétaire.

1°) Une spectaculaire expansion après 45

La satellisation de l’Europe centrale met fin à l’isolement de l’URSS : Les PC sont seuls au pouvoir en Albanie, en Yougoslavie et en Roumanie. Ailleurs ils éliminent les autres partis politiques les uns après les autres, s’érigent en « démocraties populaires » et adoptent le modèle soviétique. Dés 1955, ils intègrent le pacte de Varsovie autour de Moscou.

Forte influence également en Asie. Dés 1949, la Chine bascule dans le camp communiste et se lie par traité avec l’URSS l’année suivante. La Corée du nord s’est manifestée dans le camp communiste en 1948, et en 1954, le Nord VietNam du en fait autant. A cette date le 1/3 de la population mondiale est dans le bloc C.

En Occident, fortes sympathies pour l’URSS également : dans le monde du travail, (le paradis des ouvriers), mais aussi parmi les intellectuels (rôle joué contre les fascistes, promesses de changements qu’incarne le socialisme). Les révélations de Khrouchtchev sur les « crimes de Staline » et la répression en Hongrie en 1956, entraînent quelques défections mais il faut attendre l’écrasement du printemps de Prague en mai 68 et les publications des dissidents pour que l’audience des PC chute.

2°) Un véritable empire

A la mort de Staline des soulèvements populaires ont lieu à Berlin (juin 1953) à Varsovie et à Budapest (octobre 1956) interventions militaires en Allemagne et en Hongrie. Brouille progressive avec la Chine, Dès 1956, elle devient une rivale en tant que modèle communiste et en dénonce la bureaucratisation.

L’ère Brejnev renoue avec la propension impérialiste du régime : l’URSS soutient tout les régimes d’inspiration socialistes en Afrique (Algérie, Angola, Ethiopie, …) elle se rapproche de l’Union indienne, appuie Hanoi contre les USA soutient Cuba, le régime Sandiniste … Tout est positivé, jusqu’au choix de trop : l’invasion en 1979 de l’Afghanistan, celle ci se révèle vite désastreuse et coûteuse, en même temps, en Pologne un mouvement syndical (Solidarnost) fait vaciller le pouvoir. L’URSS souffre de + en + du décalage entre les réussites de l’occident et les difficultés sociales et économiques qu’elle connaît. A son arrivée au pouvoir, Gorbatchev veut en finir avec les gros budgets militaires, priorité aux civils.

C) Les faiblesses du modèle

1°)Le problème agricole

En éliminant les koulaks et en favorisant l’essor industriel au détriment des paysans, Staline a fait un choix catastrophique. Le problème agraire n’a pas été réglé par le tsarisme, il l’est mal par les communistes, la pénurie alimentaire est latente, aucune mesure entreprise par ses successeurs ne sera efficace, faute de remettre en cause les structures collectives. Il faut importer

Coupée des flux internationaux de capitaux de marchandises et de technologie, le taux de croissance ne cesse de ralentir. La productivité est faible et de médiocre qualité: manque de motivation des salariés, gaspillage, blocages bureaucratiques, retards technologiques. En même temps, les besoins de la population sont immenses et les ressources naturelles abondent.

+ grave, l’inefficacité économique a des répercussions sur les comportements sociaux : la croissance démographique décroît inexorablement (sauf chez les musulmans) l’exode rural vide les campagnes alors que les villes sont sous équipées en logements, l’alcoolisme réduit l’espérance de vie, l’absentéisme, le travail au noir, la corruption se développent. Le niveau de vie est bien inférieur à celui de l’occident. Les soviétiques se réfugient dans la passivité économique et dans l’indifférence politique.

2°) La paralysie politique.

Lorsque Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline au XX° congrès du PC en février 56, il ne remet en cause ni la planification, ni la collectivisation, ni le parti unique. Les mesures prises : libération des détenus, assouplissement de la censure … restent très limitées tout en inquiétant les autorités en place. En 1964, il est renversé par une coalition de conservateurs.

Le règne Brejnev marque le retour de l’orthodoxie et le triomphe de l’immobilisme. A sa mort, le pays est rongé par le vieillissement et l’usure des structures

D°) l’effondrement du système

1°) La perestroïka

Grande et ultime réforme pour sauver le pays. Lancée en février 1986, elle tend à ressusciter l’esprit d’entreprise, d’initiative : créations d’entreprises privées autorisées (1986), moins de contrôles sur les entreprises d ‘état (1987), location de terres aux paysans, libération du commerce extérieur et possibilité de créer des sociétés mixtes avec des capitaux étrangers (1988),

En même temps il impose la «Glasnost » ou transparence : liberté d’opinion, d’expression, de religion, des partis politiques, suppression de la censure, du rôle dirigeant du PC. Il est élu président de l’URSS pour 5 ans par les députés d’un congrès élus à bulletins secrets pour la première fois.

Mais graves difficultés économiques : accroissement des disparités entre riches et pauvres (hausse des prix) (enrichissements rapides) la lutte contre l’alcoolisme est mal acceptée, nombreuses grèves.

Réveil des nationalités au Kazakhstan en 1986, puis dans les pays Baltes. Affrontements entre Azéris et Arméniens en 87.

2°) L’implosion de l’empire

A son arrivée au pouvoir, Gorbatchev s’engage dans une politique de désarmement, signe avec Reagan le démantèlement des missiles nucléaires stationnés en Europe, il retire les troupes de l’Afghanistan et coupe son soutient à tous les régimes communistes du monde (Cuba, VietNam, Nicaragua …) le secteur militaire représentait 20% du PNB

Il favorise indirectement l’émancipation de l’Europe centrale en encourageant la formation de gouvernements réformateurs et refuse d’utiliser la force lorsque la rue entraîne l’écroulement des pouvoirs communistes. Le 3 octobre 1990, il accepte la réunification de l’Allemagne.

Lancée pour sauver le communisme, à la surprise générale, la perestroïka débouche sur l’implosion total du système créé par Lénine. En août 91, les conservateurs tentent un coup d’état qui échoue (pas de soutient populaire) un peu plus tard les républiques l’une après l’autre se déclarent indépendantes, Gorbatchev démissionne le 25 décembre.

Repères chronologiques

1949 : bombe atomique soviétique 1945-50 : satellisation des pays d’Europe centrale

1953 : Mort de Staline 1947 : création du Kominform

1956 : XX° congrès du PCUS 1950 : traité URSS - Chine

1957 : Vol du spoutnik 1953 : Révolte de Berlin Est écrasée

1964 : Brejnev au pouvoir 1955 : Pacte de Varsovie

1972 début des grosses import. 1956 : Soulèvement Hongrois

De blé de l’ouest 1960 : rupture Moscou-Pékin.

1982 : mort de Brejnev 1968 : printemps de Prague

1985 : Gorbatchev SG. 1979; Invasion de l’Afghanistan

1986 : XXII° congrès 1987: traité de Washington destruction des missiles

lancement perestroïka 1989 : les communistes chassés du pouvoir dans

1991: indépendance des républiques les démocraties populaires.

démission de Gorbatchev

Debrulle J.L. Hist. Géo. Lycée St Sernin

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