dimanche 1 mars 2009

Cours sur la mégalopole japonaise.

LA MEGALOPOLE JAPONAISE :

Introduction

Plus de 4000 îles dont 4 grandes, de haut en bas : Hokkaido, Honshu,

Kyushu, Shikoku. 130 M d’hab. sur les 2/3 de la France, densité de 340. Une mégalopole gigantesque de 100 M d’habitants étirée sur une étroite bande littorale.

I°) Une puissance concentrée sur le littoral pacifique

a) La 1° concentration industrielle du monde

Entre Tokyo et Fukuoka, plus de 1000 km peuplés en continu par 80% de la population du pays. Dans un premier temps des agglomérations anciennes vont se réunir (Tokyo et Nagoya, Osaka-Kobé-Kyoto : Tokaido) puis dans les années 60, poussée vers le sud : Fukuoka, Kita, Kyushu) enfin dans les années 80, l’extension au nord de Tokyo vers Sendai.

La Mégalopole concentre l’essentiel des activités du Japon (production, commandement, recherche). Toutes les activités industrielles y sont traitées, des industries lourdes aux industries de haute technologie.

b) Le rôle des transports

Il est capital. L’ouverture du pays sur le monde est telle qu’il s’agit de la seconde façade maritime mondiale (activités). 4 ensembles récupèrent 75% du trafic :-Tokyo, -Osaka, Kobe,

-Nagoya, -Kita Kyushu. On construit des zones industrielles par creusement et remblaiement

En gagnant sur la mer.

On a mis en place des moyens de locomotion rapides comme le Shinkansen complété par des lignes de banlieue très denses, associé à un réseau de routes et d’autoroutes performant. Ces réseaux surmontent les difficultés de l’insularité grâce à de nombreuses œuvres d’art.

c) L’Histoire de cette mégapole

Les villes sont dans des plaines cultivées ouvertes sur la mer. Elles ont joué un rôle politique important dans le Japon ancien.

A l’ère Meiji, ces villes ont profité des avantages démographiques et politiques pour attirer des entreprises. Se mettent alors en place des boucles de croissance « effets boules de neige ». Peu à peu se sont établis des liens entre ces noyaux initiaux, ces pôles de croissance. L’urbanisation est devenue de plus en plus dense le long de cet axe littoral avant qu’elle ne s’étende vers l’intérieur.

II°) Tokyo et les conurbations géantes

a) Une structure urbaine déséquilibrée

Un chapelet de métropoles axe Nord/Sud littoral pacifique de la plaine du Kantô à Fukuoka. 10 villes de + de 1 M et 3 aires métropolitaines qui occupent 6% du territoire et concentrent 45% de la population. 3 centres anciens (essor sous Meiji) Tokyo, Nagoya, Osaka – Kobe.

L’aire de Tokyo = 32 M d’habitants, centre de commandement mondial et national, 1° région industrielle du pays (30%), ceci est dû à son choix comme capitale à l’ère Meiji.

+ au sud, Nagoya s’est spécialisée dans l’industrie automobile et la mécanique de précision.

L’aire Kyoto - Osaka – Kobe : 22 M , 2° centre industriel (20%), met l’accent sur la recherche

En allant vers Kyushu, nombreux centres moins peuplés mais très actifs.

b) Les paysages urbains

Les villes ont parfois un cœur historique (Kyoto) mais le plus souvent, elles s’organisent autour de pôles dynamiques : grandes gares qu’entourent hôtels, grands magasins, banques.

Les périphéries des villes ont une urbanisation souvent désordonnée avec des mélanges de quartiers pavillonnaires, de centres commerciaux, de quartiers de hautes tours. Les banlieues des villes se rejoignent.

Le manque d’espace pousse le pays à gagner des terrains sur la mer. Les industries les moins liées aux activités portuaires sont déplacées vers l’intérieur, sur les bordures montagneuses. C’est d’ailleurs là que se fixent les technopôles.

c) Tokyo

Autour de la baie : Tokyo, Chiba, Kawasaki et Yokohama regroupent 15 M d’habitants. Le front de mer est totalement occupé par les activités portuaires et industrielles (en partie gagné sur la mer)

Tokyo ( 8,5 M ) est le coeur de cet ensemble, croissance effrénée et inorganisée que ni les séismes ni 1945 n’ont pu modifier : maisons basses et hautes tours d’affaires se côtoient. Les rues étroites peu adaptées au trafic moderne ont poussé les autorités à construire un réseau dense de chemins de fer et d’autoroutes.

III°) Les problèmes que connaît cet espace

a) Les dangers de la nature

Dans la mégalopole, les risques naturels sont aggravés. Son ouverture sur le pacifique l’expose aux typhons et aux tsunamis. Les inondations accentuent les effets.

La concentration de la population et des édifices augmentent les risques par rapport au reste du pays (en 23, 140 000 victimes à Tokyo. En 95, 6000 à Kobe)

Les japonais ont pris des mesures de prévention face à ces menaces (procédés antisismiques) mais la catastrophe de Kobe en a montré les limites.

b) Les transformations de l’espace dues aux fortes densités

Il y a de fortes concentrations d’hommes, de constructions, d’infrastructures. Ceci est dû à la recherche de profits rapides sans tenir compte des conséquences de ces aménagements.

L’artificialisation de la nature atteint ici un haut degré surtout par les remblaiements massifs le long des littoraux (aménagements portuaires, activités industrielles, logements)

Le Japon est également touché par la pollution : hors (le mercure de Minamata) et dans la mégalopole (pollution de l’air dans les centres urbains et prés des usines et pollution de l’eau)

c) Réactions et adaptations

La population japonaise réagit aux menaces contre l’environnement par la violence et par la procédure (c’est long) «Mouvement habitant»

Ces actions on poussé le gouvernement à agir par une législation plus contraignante pour les industriels, par la délocalisation, par l’étalement de l’habitat vers l’intérieur.

Aujourd’hui c’est contre une nouvelle forme de pollution que l’on doit lutter: voiture, engrais

Vocabulaire : la mégalopole japonaise et l'Asie orientale

Leçon sur le Japon et l’Asie Orientale : Vocabulaire

Empire du milieu : nom donné à la Chine qui se considère comme le centre du monde.

MITI : ministère créé après 1945 de réflexion et de décisions qui concerne l’aide stratégique et financière apportées aux entreprises.

ASEAN : Association des nations de l’Asie du Sud Est (1967) (ni Chine ni Japon ni NPI)

Zaibatsu : grandes entreprises familiales de l’ère Meiji démembrées après 1945.

Meiji : empereur du Japon (1852-1917). L’ère Meiji désigne la période qui débute en 1868 et ouvre le Japon à la modernisation.

Pays atelier : pays à faible prix de main d’œuvre ou l’on fabrique et ou l’on assemble des produits créés ailleurs et de faible niveau technologique.

Shinkansen : T G V (1964) qui traverse aujourd’hui le pays du Nord au Sud.

Kantô : plaine de la région de Tokyo.

Tsunami : raz de marée

Typhon : tempête tropicale (dépression atmosphérique mobile) circulant sur les océans d’est en ouest, synonyme du cyclone tropical ou d’ouragan.

Mouvement habitant : ensemble des mouvements de protestation qui apparaissent au Japon pendant la période de Haute croissance pour défendre la qualité de la vie et des produits.

Haute croissance : période de forte croissance économique (+ de 5%) qui marque le fort développement humain et économique de la mégalopole.

Bulle spéculative : période de spéculations foncières et financières de la fin des années 80.

Keiretsu : grandes entreprises nées des Zaibatsu intégrants les secteurs productif, commercial et financier.

Jetro : Organisme dépendant du MITI, sa mission est de promouvoir les importations japonaises.

Cours à lire sur le Japon (pas au programme,caractère informatif)

Le Japon un territoire insulaire

A) Comment la population est-elle répartie sur le territoire ?

1° Des contrastes

3000 km du nord au sud sur 4000 îles

126 millions d’habitants sur 372 000 km² soit : 340 hab/km² (énorme !) (même densité aux USA = 3,2 milliards d’habitants) 68% du territoire est couvert de forêt, la densité des espaces peuplés atteint 1000 hab/km² et 1700 même si l’on ne considère que la S.A .U. Ce sont surtout les conditions de la mise en valeur et non le manque d’espace qui expliquent les contrastes de la répartition de la population, car les zones de montagne sont quasiment vides (érosion des pentes, sacralisation de la nature)

Au sud, depuis longtemps mis en valeur s’oppose le Nord plus tardivement occupé (Hokkaido = 70 hab/km²) la frontière passe par le Kanto, la plaine du nord de Tokyo. Opposition aussi entre le littoral pacifique, accueillant, dynamique et tourné vers le monde et le littoral de la mer du Japon (l’envers.)

2° Les plaines

16% du territoire. Concentrent l’essentiel de la population, elles sont fragmentées et peu étendues (la + grande, le Kanto, fait 12 000 km² l’équivalent à de moins de 3 départements) C’est l’agriculture qui y fixe les hommes( ne maîtrisent ni l’élevage en montagne ni les cultures en étages) avec les rizières aux 2 récoltes annuelles.

Les plaines souvent côtières ouvrent le pays sur les horizons marins. Les ports aux activités économiques dynamiques offrent aussi les ressources de la pêche et de l’aquaculture.

Quand ces conditions se combinent avec les avantages climatiques (doux, humide) de « l’endroit »Sud et Ouest, nous atteignons des zones de concentration humaines qui sont les + grands espaces urbanisés du monde.

Les villes rassemblent 100 millions de personne soit près de 80% de la population totale : les 3 + grandes agglomérations regroupent 50% de la population japonaise (Tokyo : 30 Millions, Osaka - Kobé : 20 millions et Nagoya 10 millions) 13 villes dépassent le Million. Tokyo est la plus grande Mégapole du monde

Ces espaces urbains sont étendus (confort, sécurité) mais le soucis de les limiter a fait construire en vertical grâce à des techniques antisismiques dont Kobé, en 1995 a montré les limites.

B) Les Japonais ont-ils surmonté les contraintes de leur territoire.

Soucis de gérer l’espace par des politiques d’aménagement est relativement récent, il faisait place à une croissance urbaine échevelée qui privilégiait la rentabilité immédiate. Aussi, bien des paysages sont dégradés, les eaux et l’atmosphère polluées (grandes villes)

Problème également de congestion des centres dans des ensembles urbains démesurés, il est souvent nécessaire d’habiter très loin de son travail.

La concentration de la population et des activités peut provoquer des phénomènes d’isolement et d’enclavement dans le reste du pays

1° Les interventions

Elles sont tardives et limitées, (nous sommes dans un état libéral ou l’on pense comme aux USA, que moins l’état intervient, mieux l’économie se porte.) Au contraire, les municipalités multipliaient les ponts d’or aux entreprises pour les attirer.

Il faut attendre 1992 pour voir un « plan technopolis » imaginer une mise en place de 26 technopoles associant recherche et production dans des villes moyennes mais universitaires Une autre loi de la même année incite à la décentralisation des activités tertiaires. Les résultats se font attendre. C’est dans le domaine de la lutte contre la pollution que l’état se montre le plus efficace. Le Japon est aujourd’hui le pays le plus contraignant en ce domaine.

2° Les transports

Dans un pays aussi peuplé, aussi fragmenté par le relief, la fluidité du trafic est l’exigence de base pour le bon fonctionnement de l’espace.

a) Le transport des marchandises

Facilité par la construction d’un réseau autoroutier dés les années 50, sans cesse rallongé et amélioré ( 6000 km ) qui fait du camion un pion essentiel dans ce domaine. Mais l’encombrement des routes et la nature même du pays expliquent le recours de plus en plus fréquent au cabotage et l’aménagement des ports à cet effet.

b) Le transport des voyageurs

Pour les longs trajets le train, le Shinkansen (Tokyo – Osaka 1964) de Morioka à Fukukoa ( 2000 km avec le crochet sur Niigata) constitue l’épine dorsale des 2 grandes îles et prend tous les grands centres d’activité en brochette

La pratique de l’avion se généralise pour les distances les plus longues, de grands travaux ont permis l’aménagement d’aéroports dans des lieux parfois surprenants.

Pour les courtes distances, la voiture et le réseau ferroviaire classique restent de mise.

Des ouvrages d’art ont été nécessaires pour réaliser ces réseaux dans cet espace fragmenté, les plus spectaculaires sont les liaisons entre les îles : HonshuHokkaido, 53 km de tunnel, un pont entre Honshu et Kyushu et des ponts entre Honshu et Shikoku.

C) Les traits majeurs de l’organisation de l’espace japonais.

1° Un espace déséquilibré

Concentration des activités de commandement et de production dans 3 régions urbaines :

-1° le grand Tokyo, -2° le triangle Kobé- Osaka-Kyoto, -3° le nord de Kyushu.

Ce cœur du Japon, tout en longueur ( 1200 km ) constitue une grande mégalopole.

L’organisation de l’espace japonais se détermine par rapport à cet axe majeur 3 ensembles sont à distinguer :

« La périphérie du centre » autrement dit les régions autour ou traversées par cet axe majeur : les îles de Shikoku et de Kyushu (sud Est), le sud Est de Honshu,

« La périphérie proche » : le nord et le nord-ouest de Honshu, région dynamique.

Les extrémités de l’archipel : Hokkaido au nord et les îles Ryu-Kyu au sud, marges de l’espace nippon.

2° « La périphérie du centre »

3 ensembles géographiques sont traversés par l’axe majeur sans y être intégré entièrement l’essentiel est constitué par des zones montagneuses sauf pour le premier ensemble.

a)La plaine du Kanto occupée en grande partie pour l’agglomération mais dont les bordures offrent des espaces urbains peu denses et des zones agricoles qui alimentent la métropole.

b)La région du sud est de Honshu autour du triangle OKK et sous les villes industrielles de la mer du Japon

c)Les parties peu urbanisées de Shikoku et de Kyushu qui ont des climats favorables aux productions agricoles d’agrumes, de fruits tropicaux et de riz en double récolte.

3° Les périphéries proches

Le nord et le nord ouest de Honshu offrent des plaines allongées, séparées par des montagnes peu élevées. C’est une zone agricole importante spécialisée dans la riziculture. La mer très poissonneuse anime une activité ancienne.

Les hautes montagnes du Tosan et la côte de la mer du Japon connaissent des conditions climatiques difficiles. C’est une région productrice d’électricité hydraulique. Toyama et Niigata sont les seuls pôles industriels

4° Les périphéries marginales

Le Nord : L’île d’Hokkaido a un climat très froid et une densité modeste par rapport au reste du pays, peuplée tardivement au détriment des Aïnous, les exploitations agricoles y sont bien plus grandes que partout ailleurs. L’espace constitue l’atout majeur et l’île fait figure de zone pionnière. Jusqu’à maintenant Sapporo (1,6 millions) attire essentiellement les emplois.

Le Sud avec les îles Ryu-Kyu fait preuve d’originalité dans le domaine agricole (cultures tropicales) mais aussi en se spécialisant dans le tourisme.

D) Qu’est ce qui caractérise le cœur, La mégalopole du territoire japonais ?

1° Comment s'est-elle formée ?

Plus de 100 millions d’habitants sur 1200 km de Tokyo à Fukuoka, 70 % de la production industrielle du pays

Mise en place des villes chacune dans une plaine mais avec une ouverture sur la mer, c’est le cas des noyaux urbains de Tokyo de Kobé, d’Osaka …Ces villes s’accroissant (peuplement, activités) vont fonder un axe continu : le Tokaido. Enfin, l’intégration successive de centres industriels le long des côtes de la mer intérieures.

2) Une mégalopole dominée par Tokyo, ville mondiale.

Elle joue un rôle prépondérant au sein de cet ensemble. Elle est capitale depuis 1868 et assume donc des fonctions de commandement politique et économique. Ces fonctions sont étendues à l’échelle mondiale, elle possède une bourse majeure, les sièges sociaux de sociétés internationales. Si le quartier d’affaire de Shinjuku draine les foules de cadres L’aire métropolitaine offre aussi des emplois de l’industrie lourde et de l’industrie de pointe. Elle regroupe Yokohama, Kawasaki et Chiba. Il s’agit du 1° ensemble portuaire mondial.

Le triangle de la plaine du Kansai

L’ancienne capitale Kyoto, le port de Kobé et la ville industrielle d’Osaka n’ont pas la même importance que Tokyo. Elles tentent de se doter de pôles de recherches et de technologies de pointe. Entre La capitale et ce groupe, Nagoya qui bénéficie d’un excellent port et de construction automobile marque le pas.

Le sud

Le long de la mer intérieure, successions de combinats industriels associant productions de base et industries de transformation, au nord de Kyushu les industries liées aux mines ont cédé le pas à des productions de haut niveau technique.

3° Les fortes densités

L’accumulation de tant de gens sur si peu d’espace pose problème pour localiser résidences et entreprises : c’est surtout au détriment de la mer que s’assure la conquête par des polders ou des localisations en plate forme. Pour cette raison on abandonne la maison pour l’immeuble.

La distance habitation lieu de travail ne cesse d’augmenter, elle n’est acceptable que parce que le réseau de transport (fer route) irrigue bien la mégalopole.

La conséquence la plus rude de l’accroissement du trafic de l’entassement des gens et de la concentration des activités (avec industries lourdes) c’est l’augmentation de la pollution. Des normes très strictes ont été adoptées (pour les voitures) mais il reste encore du chemin.

Le Japon : 2° puissance mondiale

I° : Avantages et handicaps d’un état archipel

1°) C’est un espace fragmenté mais cohérent

4000 îles dont 4 représentent la quasi-totalité de la superficie (moins 3000 km²) mais avec 200 milles marins d’eaux territoriales le long de ses côtes (33000km) le Japon contrôle un vaste domaine maritime compris entre les latitudes 24° et 46°

Pourtant cohésion certaine due au peuplement et à l’unité culturelle. Lorsque des influences s’introduisent venues du continent (Bouddhisme, Confucianisme) la société japonaise est capable de les intégrer aux éléments autochtones (Shintoïsme, culte de l’empereur) de façon naturelle.

L’insularité du pays lui a permis d’échapper à toute domination extérieure et de conserver des traditions et des spécificités originales comme la langue et l’écriture très complexes. Ce particularisme se défini par un terme : « kokutaï » que l’on peut traduire par « nation. »

2°) Un axe insulaire instable

Nées au contact de plaques continentales et océaniques (qui explique leur forme et leur étirement) les îles japonaises font une large place aux montagnes (85%) élevées et à fortes pentes (surtout Honshu) ou les plaines côtières mal liées forment des chapelets discontinus.

Ces fronts de plaques de l’écorce terrestre expliquent les grandes fosses océaniques toutes proches des côtes mais aussi l’importance du phénomène volcanique nippon ( + de 60 volcans encore actifs) symbolisé par le mont Fuji. Le volcanisme est à l’origine du thermalisme qui utilise les sources chaudes. Il ne fait pas peur au Japon.

Les tremblements de terre sont autrement considérés (+ de 400 importants recensés depuis le VII° siècle) En dépit de tous les progrès effectués pour construire, ils restent toujours très dangereux et destructeurs.

3°) Les contrastes climatiques

En été vents sud, sud-est, prolongements de la Mousson , chauds et pluvieux jusque dans la frange nord de Honshu ( plus haut, été frais)

En hiver : Hokkaido et Nord ouest de Honshu vent froid et neige abondante. Températures plus clémentes au sud

.

En été et en automne, sur les côtes pacifiques, violentes tempêtes tropicales : les Typhons aux dégâts impressionnants en raison de l’importante densité de population.

II°) Caractéristiques de la puissance japonaise

1°) Une réussite exceptionnelle

Vaincu et détruit en 1945, 2° rang mondial 40 ans plus tard. Devant chacun des pays d’Europe mais largement distancé par l’UE dans son ensemble.

Importance capitale des années 1950-1970, période de très haute croissance. Mais contrairement à l’idée reçue, l’industrialisation et la modernisation du pays commencées à l’époque du Meiji ( ce n’est pas un fort décalage par rapport aux USA) sont incontestables au début du XX° siècle.

Donc analogies certaines avec les autres pays industriels. 2 différences : l’exceptionnelle croissance vue plus haut, et l’apparition d’une récession durable dans les années 90.

2°) Une puissance commerciale et financière.

3° rang mondial pour le commerce extérieur, après USA et Allemagne. Mais… il ne représente que 9% du PIB contre 23% pour l’Allemagne. Sa balance commerciale est excédentaire depuis 1985 avec les autres pays de la triade mais aussi avec les partenaires asiatiques voisins ( p 152-153)

Le Japon est une grande puissance financière symbolisée par la bourse de Tokyo. 11 des + grandes banques mondiales sont japonaises, 3 raisons majeures : 1° capacité d’épargner exceptionnelle, 2° excédents commerciaux systématiques, 3° bonne cotation du Yen

Malgré la crise qu’il traverse le Japon est le 1° banquier du monde, le 1° pays donateur d’aide publique au développement, surtout en Asie ou il accroît son influence.

Toutefois le rôle du yen reste limité, les USA y veillent, dans les années 80, ils forcent le Japon à réévaluer sa monnaie car il utilisait sa sous évaluation pour faciliter ses exportations.

3°) La production japonaise s’internationalise

Les gains financiers permettent l’exportation de capitaux, sous forme d’achats d’actions à l’étranger, mais aussi sous forme d’investissements dans les secteurs manufacturiers et tertiaires. Dans les années 60, investissement en Asie du Sud Est surtout dans le textile, dans les décennies suivantes, aux USA et dans la CEE dans la construction automobile et l’électronique, mais aussi en Asie dans l’extraction minière, la pétrochimie et l’électronique grand public (n° 7 et 8 p 147.)

Ainsi l’espace productif japonais est devenu mondial, si l’espace américain est privilégié pour leurs capitaux, l’Asie Orientale est devenue une base importante de production japonaise, à tel point qu’aujourd’hui, le pays est importateur de téléviseurs, de calculettes et de magnétoscopes.

Mais … si les investissements japonais hors pays sont importants, cette internationalisation frappe surtout parce qu’elle est récente, car autrement la production industrielle à l’étranger ne représente que 10% du PNB en 96, contre 19% dans le cas de l’Allemagne et 23% dans celui des USA.

III° Le Japon par rapport à l’Asie Pacifique.

1°) Une position avantageuse

Ouverture sur le Pacifique, avec la possibilité d’échanges faciles avec les USA. En même temps, proximité d’espaces asiatiques à fortes densités de populations, c’est à dire de marchés de consommation et de force de travail. Après 1945 ; la victoire des communistes en Chine, en Corée et au Viêt-Nam assure un rôle stratégique au pays (à d’autres aussi) et le soutien économique et militaire des USA.

C’est cet ensemble d’avantages qui explique le rôle important joué par le Japon en Asie.

2°) La tentation impériale

Au début du siècle, la conquête d’un empire asiatique est apparue comme une solution.1° pour déverser le trop plein de population, 2° pour se procurer des matières premières, 3° pour s’ouvrir un marché d’exportations.

C’est la période des guerres contre la Russie , l’annexion de la Mandchourie , l’invasion de la Chine (1931) puis celle de l’Asie du Sud Est (1941.) Sous prétexte de libérer les Asiatiques de la domination européenne, le Japon imposait sa propre exploitation. 1945, fin de l’aventure.

Cet épisode a laissé des traces dans la conscience des asiatiques, en Corée du Sud, comme en Chine comme à Taiwan, fortes réticences vis à vis du Japon, objet de crainte, de ressentiments, mais en même temps un modèle.

3°) Formation d’une aire régionale.

La création d’une aire régionale ayant le Japon comme centre ne se constitue que progressivement

Démarrage dans les années 50 avec l’aide des USA qui ont peur d’une contamination communiste générale ( même aide vis à vis des futurs NPI.) Avec l’augmentation des coûts de la main d’œuvre locale, investissements japonais dans les NPI.

Ces NPI se développent de façon autonome et à leur tour délocalisent leur production à faible exigence technique vers d’autres pays comme la Malaisie , les Philippines, la Thaïlande , le Viêt-Nam et l’Est chinois.

Cet ensemble de NPI et de nouvelles NPI s’est donc constitué avec pour centre le Japon dont les investissements sont présents partout ( carte à faire : 11, p149. Cet espace économique contribue lui-même à la puissance japonaise, mais la concurrence reste forte (10, p149.)

D’autre part, les liens étroits peuvent être aussi source de soucis, l’importance de l’investissement japonais dans cette zone rend le Japon sensible aux crises qui l’affectent (depuis 1997.) « Le modèle asiatique », en montrant ses limites, a handicapé l’économie japonaise.

IV° Les limites de la puissance japonaise.

1°) Les années 90, la fin du « miracle »

La croissance japonaise durant les années « 30 glorieuses » n’est certes pas constante, mais elle est toujours supérieure à 5% et souvent même à plus de 10%. Cette période de haute croissance a propulsé le Japon dans l’élite des économies mondiales. Dans les années 70, les chiffres sont plus modestes

Depuis 1990, L’économie traverse une grave perturbation matérialisée par une récession, c’est une preuve de la faiblesse du système japonais ainsi qu’un indice de ses limites, mais n’en tirons pas de conclusions hâtives car restructuré et modernisé l’appareil productif conserve de remarquables capacités d’adaptation (14, p151) A part dans la banque, les grandes entreprises dégagent des bénéfices.

2°) Le poids de la dépendance

La dépendance se manifeste dans le domaine énergétique ainsi que dans le domaine agricole, en effet le Japon ne possède aucune ressource minière significative, et son agriculture, bien que surprotégée et très coûteuse est largement déficitaire il doit donc exporter beaucoup pour payer la facture (p 154,155.)

L’économie japonaise a donc des liens très étroits avec la conjoncture mondiale et subit les effets de ses fluctuations à court terme, ainsi, la réévaluation du yen gène énormément les exportations, poussant les firmes à délocaliser vers des pays à bas salaires

3°) Les faiblesses du politique

Le système politique démocratique a été imposé par les Américains en 1945 au détriment de la souveraineté impériale. Le Parti Libéral Démocrate très longtemps au pouvoir s’est souvent compromis avec le monde des affaires, multipliant les scandales et les affaires de corruption (15, p151) Exemple, lors du tremblement de terre de Kobé, l’incapacité d’organiser les secours et le constat des malfaçons dans la construction « antisismique » sont dénoncés, seule la corruption a permis le contournement des normes légales de construction.

Autre point de faiblesse dû à la défaite de 45 : Le Japon a été prié de réduire fortement son armée, il ne peut plus intervenir hors de ses frontières et s’est satellisé autour de la puissance militaire et diplomatique américaine, donnant ainsi une impression d’impuissance