lundi 27 avril 2009

Europe : la puissance éco et l'Europe rhénane

La puissance économique de l’U E

I)- L’UE : pôle majeur de l’économie mondiale

a)-Pôle de la triade

En valeur : 1° producteur mondial pour l’agriculture, l’industrie et les services. 1° zone exportatrice de marchandises et de services. 1° zone pour recevoir les IDE. Mais l’essentiel se fait par flux intracommunautaires.

A réalisé de grands progrès scientifiques (Airbus, Ariane espace) Ses grandes entreprises se sont imposées dans le monde entier, mais le point noir reste le manque d’investissements dans la recherche innovation.

b)-Les fondements de sa puissance

La tradition du commerce international est ancrée à Hambourg, Londres, Amsterdam depuis l’époque moderne. C’est en Europe que démarre la première Révolution Industrielle et que se décident les conquêtes coloniales. Elle est aussi un lieu de culture, de recherches avec ses facultés presque millénaires.

La création du marché commun a dynamisé cet espace qui a dû se restructurer, se moderniser, les régions les moins avantagées bénéficient d’importantes subventions. Enfin, très récemment, le passage à l’Euro a doté l’Europe d’une monnaie reconnue par tous.

L’articulation de l’Europe à l’espace économique mondial ne pose aucun problème car elle possède des métropoles financières, politiques et culturelles importantes.

Enfin cet espace caractérisé par une forte densité de communications et de transports rapides (autoroutes voies ferrées), est particulièrement attractif, tout comme le sont ses grands ports, ses aéroports et ses plateformes multimodales.

c)-Que lui manque t-il ?

A faire des choix définitifs entre le projet anglais de grande zone de libre échange et un projet plus contraignant qui multiplie les politiques communes (pour devenir une grande puissance).

Le manque de construction politique commune constitue un handicap dans la mesure ou les grandes décisions se prennent à l’échelle mondiale alors que les pays européens émettent des avis différents.

L’agrandissement toujours renouvelé de l’UE peut l’affaiblir car les derniers arrivants sont pauvres et la mise à niveau économique sera difficile d’autant plus que leur volonté d’intégration n’est pas toujours forte.

II)-Un espace multipolaire

a)-Des métropoles coeurs de puissance

Les capitales traditionnelles mais aussi les grandes villes au cœur de régions économiquement fortes comme Milan, Barcelone, Munich, Francfort, Rotterdam (interface).

Ces grandes villes sont des lieux de passage ou des carrefours internationaux aux moyens de locomotion multiples, L’espace est grand et les réseaux de circulation et d’échanges performants (Hubs, plates formes multimodales, interfaces)

b)-Un polycentrisme à pôles dynamiques.

La puissance économique européenne est constituée non par une métropole mais par un axe,

Cela répond à des logiques nationales. Ce polycentrisme est le fruit de l’Histoire d’états souvent rivaux (les pays centralisés ont des métropoles capitales sans rivales)

Les états récents ont plusieurs métropoles, idem pour les états fédéraux. Ailleurs, semis de villes moyennes.

c)-Un espace hétérogène

L’espace n’est pas homogène, IDH : 0,940 en Suède. 0,800 en lettonie. Certaines régions ont des économies modernes performantes d’autres sont en reconversion, d’autres n’en ont pas. Ces différences peuvent exister au sein d’un même état (Catalogne –Andalousie. Plaine du Pô et Mezzogiorno) et d’une même région ou ville.

C’est l’Histoire qui explique ces disparités : la politique des états : dynamique ou sclérosante.

L’emplacement de la région, sa dépendance à l’égard du pouvoir, ses richesses naturelles mais aussi sa position par rapport aux nouvelles stratégies mondiales (littoralisation)

III)-Un pôle avec de multiples disparités

a)-Les espaces périphériques

Ils englobent 22 % de la population totale et aspirent 70 % du budget structurel : -zones à économie faible, -zones à faible peuplement, -zones en reconversion.

Les 10 derniers arrivants sont tous à classer dans la zone des pays à aider

b)-Des périphéries à différentes échelles

Si l’on considère l’ensemble, il y a des périphéries proches : Sud de l’Espagne, de l’Italie, Corse, Grèce, Ouest irlandais. Mais aussi des périphéries éloignées : Dom, canaries, Madère.

Même constat dans les états eux-mêmes : Sud et Nord de l’Italie, région de Budapest et Nord Ouest de la Hongrie.

Même constat dans les villes (y compris des centres) ou l’on voit des secteurs urbains en grandes difficultés. L’UE intervient aussi à ce niveau par des programmes (objectif 2, Urban)

c)-Réduction des inégalités ?

Certaines périphéries ont bien progressée (comme le Hainaut) ainsi que certaines régions transfrontalières (Autriche -Slovaquie. Allemagne -Pologne)

On constate de nouveaux déséquilibres dans les régions qui ont récemment bénéficié de l’aide européenne : ainsi l’aide en Grèce a dopé l’axe Athènes –Thessalonique alors que l’Ouest du pays reste sans développement, de même au Portugal l’axe littoral Lisbonne –Porto.

L’Europe rhénane

I)-L’Europe des hautes densités

a)-L’Europe rhénane=Europe des villes

Des densités qui peuvent atteindre 500 hab/km². Pas de grandes villes mais 60 de + de 100 000 habitants. Un total de 80 M de personnes surtout allemandes avec des colonies d’émigrés (turcs, italiens, yougoslaves ...) de fortes concentrations autour de conurbations polynucléaires : Région Rhin – Ruhr, La Randstad , le triangle Bruxelles –Anvers -Gand, la région du Rhin – Main.

Cet ensemble est fortement marqué par l’Histoire, certains centres sont fondés voici 2000 ans, connaissent un développement commercial important à la Renaissance Bruges , Gand puis au XVII° Amsterdam, Francfort. La RI du XIX° ajoute un plus avec le charbon et la chimie.

b)-Le 1° foyer économique européen

Le PIB= ¼ de l’UE. Niveau de vie très élevé. A part le Borinage belge, très peu de chômage. C’est la 1° région exportatrice du monde, avant les USA et le Japon. Elle est le siège de nombreuses multinationales et sait capter les investissements étrangers

c)-Une économie fondée sur l’échange

C’est d’abord une région industrielle assise sur le charbon de la Ruhr qui a su s’adapter aux mutations industrielles grâce à la qualité de sa main d’œuvre, aux pôles de recherches, au grand marché de consommation sur place, aux circuits commerciaux denses et efficaces, en créant de très nombreuses PMI.

C’est surtout l’ Europe des marchands, des financiers et des employés : Le secteur tertiaire = 2/3 des emplois et les 2 /3 du PIB dans 3 domaine : transport, administration et finance (Suisse, Luxembourg, paradis fiscal , Francfort et Amsterdam)

Aucune ville ne prend le pas sur l’autre et ne cumule les fonctions. Elles sont proches les unes des autres, complémentaires et rivales comme Düsseldorf, banque et commerce de gros et Cologne, commerce de détail et université. Cette région bénéficie de réseaux maillés d’autoroutes et de moyens de transport collectifs.

II)-Un couloir de grands flux

a)-Une artère unique au monde

Le Rhin d’abord « une autoroute liquide » de Rotterdam à Bâle. Un réseau de voies ferrées ensuite autour de la ligne Milan-Bâle-Francfort. Un réseau autoroutier Hambourg-Bâle qui est aujourd’hui dédoublé. Sur cet ensemble viennent se brancher des réseaux centrés sur Paris, Londres, Milan, Berlin, l’Europe de l’Est.

Par le St Gothard, c’est une grande voie d’échange entre la Méditerranée et la mer du Nord qu’anime un trafic énorme avec quelques puissants nœuds logistiques (lieux concentrant de grands équipements de transport et des plate-formes de stockage et de distribution)

b)-Un trafic toujours en progression

Le trafic va croissant (mondialisation et déréglementation oblige). Les ports sont encombrés de conteneurs chargés sur des barges en convois ou des trains. Gros trafic vers la Lombardie. De nouveaux transporteurs privés apparaissent (Danzas) qui combinent plusieurs modes de transport. En même temps, le fret aérien a beaucoup progressé. Francfort 3° mondial.

c)-De nouveaux aménagements

On est au bord de l’asphyxie et l’on prévoit 20% de + sur les autoroutes pour 2020.

Bruit, pollution, embouteillages se multiplient. Mise en place de corridors fermés, de nouvelles infrastructures (TGV Paris Lille Cologne) Passages sous les villes par tunnels, Ferroutage. Mais coûts énormes et délais longs (tunnel du St Gothard : 57 km , 6 M fini en 2012)

Va-t-on aller vers le développement de nouveaux itinéraires (très ancienne route par Metz et le Rhône) ?

III)-L’organisation de l’espace central de l’Europe

a)-Des lieux de pouvoir

Lieux de commandements économiques : sièges de grandes sociétés, de banques, de bourses.

Lieux de commandements politiques comme Bruxelles, Luxembourg, Lausanne, Genève.

Grandes places financières comme Francfort (BCE) et Zurich.

Il s’agit donc d’un espace polynucléaire ou le choix se porte sur des villes moyennes.

b)-De puissants pôles industriels

Certaines régions connaissent encore des difficultés (textile, charbon, métallurgie) avec chômage (Borinage, Liège, Sarre.

La Ruhr termine sa reconversion dans le tertiaire autour de grands groupes TN comme Krupp, Thyssen. Pôles industriels majeurs à Essen, Dortmund, tournés vers Duisburg.

Plus bas, nébuleuses industrielles autour de Stuttgart avec Mercedes et Porsche, mais aussi Bosch (électrotechnique), la Pharmacie sur Bâle, la chimie sur Mannheim.

c)-Le « Northern Range »

La partie la plus active reste le delta Rhin, Meuse, Escaut : cœur du Northern Range avec Amsterdam (5) Anvers (2) Rotterdam (1) qui ont su s’adapter aux nouvelles exigences de la mondialisation (industrialisation portuaire, conteneurs)

d)-Une montagne redécouverte.

Ardennes, Vosges et Forêt noire deviennent d’immenses parcs de loisirs, proches de citadins nombreux. Les Alpes, berceau de la Suisse , conservent des activités agricoles, des petites industries de précision mais développent aujourd’hui d’importantes activités touristiques. Le Jura fait figure de parent pauvre.

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