L’ASIE ORIENTALE :
UNE AIRE DE PUISSANCE EN CONSTRUCTION
I°) Une aire de puissance récente et dynamique.
a) Une croissance économique spectaculaire.
De Singapour au Japon, depuis 1960, une aire économique apparaît et s’affirme. Voir carte.
Ces taux de croissance sont très forts (+ de 7% par an) avant de fléchir dans les années 90. Aujourd’hui, seule le littoral chinois a une croissance vraiment forte.
Ce phénomène est tellement marquant qu’on a pu parler de « miracle asiatique », de NPI ou de «tigre» ou de «dragon».
Elle effectue à ce jour le 1/5 des exportations mondiales (les produits manufacturés représentent 85%)
Si tous les pays n’en sont pas au même niveau, globalement les niveaux de vie ont progressé.
b) L’industrie : élément majeur.
On utilise l’expression : «l’atelier du monde», pays ateliers.
Tous les types d’industrie sont représentés : les industries lourdes (naval, sidérurgie) le matériel informatique. La technologie de pointe (robotique) y est utilisée.
Enfin, la production industrielle change en fonction de la demande mais aussi des avantages comparatifs (s’il n’y a + d’intérêts à produire on abandonne très vite et on laisse à d’autres pour se lancer dans une autre production).
c) Des relations intenses et multiples
Dans cette aire les flux sont très importants et générés par cette forte croissance, ils sont possibles car on a construit d’importantes infrastructures modernes (ports, aéroports)
Développement du système «hubs and spokes» avec les tout 1° ports du monde : Hongkong, Pusan. De grands aéroports, un réseau de bourses bien reliées entre elles par satellites ou par câble.
II°) Débuts et succès de cette aire de puissance.
a) Le Japon, pays précurseur
Son rôle est capital. Entre dans la RI dans la période du Meiji. Passage de l’ère féodale aux zaibatsu (grandes entreprises familiales japonaises démantelées en 1945). L’essor décisif date de l’après guerre quand peu à peu ils deviennent des alliés privilégiés des USA (lutte anti-communiste) De 1950 à 1980, ils connaissent une phase de haute croissance. Les années 90 marquent un ralentissement. On parle alors de crise du modèle.
b) Les bases de cette puissance
Association des firmes et de l’état. L’économie dominée par de grandes firmes, les keiretsu qui réalisent des concentrations de type conglomérat (intérêt financier), les firmes industrielles commerciales et bancaires sont souvent solidaires. L’état a créé un outil à leur service : le MITI (organe d’information et d’aide dans les négociations internationales) Par la sous-traitance, une multitude de petites entreprises fonctionnent avec des conditions de travail moins bonnes.
On présente aussi comme positifs les caractères socioculturels du pays : attachement au travail, à l’entreprise, la frugalité, le système de retraite, le goût de l’épargne.
c) La diffusion du modèle
Il est essentiel pour comprendre la formation de cette aire de puissance économique. Il a fallu aller chercher la main d’oeuvre de + en + loin. Ainsi, par cercles concentriques autour du Japon, l’aire s’est agrandie. 1° cercle : la Corée du sud, Taiwan, Singapour et Hongkong, un 2° cercle avec la Malaisie, la Thaïlande, l’Indonésie et les Philippines, enfin un 3° avec la chine littorale (qui profite des capitaux de la diaspora ainsi que des avantages consentis par le gouvernement communiste).
Le rôle des USA est également important, par peur du communisme, ils ont aidé ces pays en investissant
III°) Quelle intégration régionale de l’Asie orientale. ?
a) Les chemins vers la modernité sont très différents selon les endroits :
Pour les cités états comme Hongkong (avant 97) et Singapour. On utilise l’accumulation des capitaux commerciaux pour investir dans des fabrications modernes, grand rôle des FTN
Pour la Corée du Sud, imitation parfaite du modèle japonais (Cheabols = Kereitsu)
A Taiwan, tissus d’entreprises petites et moyennes.
En Chine, investissements étrangers massifs.
En dépit de ces différences, la croissance démographique et l’évolution économique ont créées de fortes concentrations d’activités dans des aires déjà très peuplées : couloir Séoul – Pusan, les 3 ports de l’ouest de Taiwan. Dans tous les cas les ports jouent un grand rôle attractif.
b) Le système productif
Recherche maximale de l’efficacité de la production organisée par les grandes firmes (échanges, productions) par exemple, les composants d’un produit passent de pays en pays avant de finir dans une usine de montage. Ceci entraîne une augmentation constante des échanges (près de la ½ d’électronique)
Selon la stratégie des firmes et la conjoncture, la répartition des activités change souvent, avec cependant des dominante, ainsi, la Chine littorale fait plutôt pays atelier alors que d’autres états les activités de conception et la production de haute technologie ont un grand rôle.
c) S’agit il d’une aire culturelle ?
Peut on parler d’asiatisme ? (Système de valeur qui valorise l’éducation, le respect des anciens, le goût du travail,de la discipline individuelle et collective, le sens de l’épargne, …) Ces pays ont-ils des caractères communs qui pourraient expliquer la rapidité de la modernisation économique. On fait souvent référence à Confucius (rôle de la collectivité et du savoir) mais …
IV°) Une aire vulnérable ?
a) Un modèle secoué
Depuis 15 ans quelques crises graves : celle du Japon (bulle spéculative) en 1990 qui entraîne l’économie au ralenti. Celle (financière) de 97 en Thaïlande qui perturbe encore l’économie et le social dans la région.
Pourquoi ? Difficile à dire toutefois certains éléments incontestables : désirs de profits à court terme, spéculation immobilière avec de «mauvaises dettes», magouilles.
Mais depuis 2000 le pessimisme n’est + de rigueur.
b) Les particularismes politiques, les tensions
Exceptée en Chine, il n’y a que des régimes démocratiques mais c’est quand même assez récent et pas toujours évident. La Chine a un régime communiste et une économie ultra libérale. C’est assez efficace et attractif pour les capitaux internationaux.
La politique s’installe souvent en obstacle au développement économique : Chine - Taiwan, comme Chine – Hongkong. Autres conflits au sujet des îles de la mer de Chine méridionale. De plus mauvais souvenirs de l’occupation japonaise de certains pays.
c) Les problèmes de l’environnement
Forte population côtière, donc forte urbanisation et forte pollution des airs et de l’eau.
C’est aussi une aggravation des risques des fléaux naturels tels que typhons, séismes et tsunamis.
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