samedi 30 mai 2009

La IVème Republique

La IV° république

Cette république de 12 ans : 1946-1958, souffre d’un grand discrédit dans la mémoire collective. La faute en revient pour l’essentiel, au fait qu’elle n’ait pas su gérer la décolonisation de son empire. Elle est dirigée par des coalitions instables et inefficaces. La classe politique se coupe de la nation qui accueille le général De Gaulle en sauveur.

A) Reconstruire la république

1° Finir la guerre

L’armée française, en participant à la campagne d’Allemagne reçoit avec les alliés, la reddition du Reich. La face est sauvée mais le bilan économique est très lourd. 72 départements bombardés. La production industrielle de 1945 = 40% de celle de 1939. Les conditions de vie quotidienne sont dures : il fait froid et l’on a faim, le rationnement se continue. L’économie est désorganisée : pénurie de charbon, transports déficients, les prix grimpent.

Le personnel de Vichy est jugé : Pétain et les principaux collaborateurs devant une haute cour, 125 000 devant des cours de justice : 44 000 condamnations à la prison. Mais ces sanctions ont peu touché la collaboration économique, et l’épuration extra judiciaire a fait 1300 victimes.

2° Il faut rénover la France

Moderniser est le maître mot de cette période. Pour faire redémarrer l’économie, l’état, par le biais des nationalisations va s’impliquer dans l’énergie (charbonnage de France, EDE, GDF) dans le crédit (Banque de France, crédit Lyonnais, Société générale, Banque nationale pour le commerce et l’industrie, Comptoir national d’escompte de Paris) plus la nationalisation sanction de Renault.

En même temps, pour promouvoir la démocratie sociale, les comités d’entreprise sont créés. Un statut des fonctionnaires est élaboré. La Sécurité sociale voit le jour en octobre 1945. Pour lutter contre le malthusianisme, un système d’allocation aux familles est instauré.

3) Les institutions

Le droit de vote est donné aux femmes en 1944 (ordonnance d’avril) Par contre coup de l’autoritarisme antiparlementaire de Vichy, les députés se réservent le pouvoir effectif :( voir schéma.)

B) La vie politique

1° Le tripartisme

Jusqu’au 20 janvier 1946 (date de démission du général De Gaulle,) l’unité prévaut même si ce dernier entend gouverner alors que les partis défendent leurs prérogatives.

3 partis dominent la vie politique de cette période : Le PCF, parti communiste français. La SFIO, la section française de l’internationale ouvrière, appelée aussi socialiste, enfin le MRP, le mouvement républicain populaire fondé en 1944 et qui est un mouvement démocrate chrétien. Le tripartisme ne résiste pas à la guerre froide et au printemps 1947, Paul Ramadier président du conseil démet les ministres communistes.

Dés lors, la politique sera dominée par des gouvernements d’entente dont les piliers seront la SFIO et le MRP. Mais les majorités seront toujours fragiles, instables et déboucheront sur des successions de crises ministérielles qui feront renaître l’antiparlementarisme.

Quels sont les sujets d’affrontement ? La place de la France dans la guerre froide. La construction de l’Europe, la décolonisation, le dirigisme politique, la politique laïque ou pas ?

2° Sa contestation ;

Face à ces forces dirigeantes, 2 forces contestataires : le RPF rassemblement du peuple français, fondé par le général De Gaulle en 1947 : il dénonce la menace communiste et l’impuissance du système politique Il se dissout en 1953.

Le PCF, parti communiste français, quasiment toujours dans l’opposition après 1947, entre 20 et 30% de l’électorat, se veut un parti révolutionnaire, le symbole de la résistance, le défenseur des petits contre les gros. Mais sa défense inconditionnelle de l’URSS l’handicape.

3° 2 hommes émergent de cette période :

Antoine Pinay, vient de la droite modérée, investi en mars 1952 il devient populaire à droite et au centre pour avoir stabilisé le franc bloqué l’inflation et créé un emprunt indexé sur l’or sans droit de succession. La signature du CED (communauté européenne de défense) l’éloigne du gouvernement.

Pierre Mendés France, membre du parti radical, ancien résistant forme un gouvernement en juin 54 qui termine la guerre d’Indochine (accords de Genève 7-54) engage le processus d’indépendance de la Tunisie. Sa façon de faire efficace, rigoureuse et transparente séduit cadres, jeunes et femmes mais il est « renversé » en 2-55. Représentait il la dernière chance de rénover le système politique ?

(pour les communistes, il était trop atlantiste, pour les MRP, pas assez européens, pour les « pieds noirs » pas assez répressifs. En fait beaucoup d’inimitiés liées à l’antisémitisme.)

C) Le bilan de la IV°

1° La reprise de la croissance

La France connaît une grave crise du logement, de plus l’écart entre le nord de la Loire dynamique et le sud tend à se creuser. Mais les différents gouvernements ont été capables de faire des choix qui stimulent la croissance des 30 glorieuses notamment en utilisant les crédits du plan Marshall. De 1950 à 1958, le revenu national, le pouvoir d’achat, la consommation, les exportations progressent de 40 à 50%. C’est la production industrielle 6% l’an qui profite le plus.

2° La pari sur l’Europe

MRP, radicaux et une partie de la SFIO veulent construire une communauté européenne., avec le soucis d’élargir le marché, de créer de la richesse et de faire face au bloc communiste.

Robert Schuman, et Jean Monnet sont les initiateurs de la CECA. S’ils ne parviennent pas à faire ratifier le projet de CED en 1954, le traité de Rome, acte de naissance de la CEE est voté en mars 57 par le gouvernement Guy Mollet.

3° Le fardeau de la décolonisation.

La IV° république est prise entre un PCF puissant et anticolonialiste d’un coté et une large majorité de parlementaires et de citoyens qui pensent que la disparition de l’empire français signifierait la décadence de la métropole de l’autre coté.

Pour l’Afrique noire et la Tunisie, cela ne se passe pas trop mal grâce à la loi cadre de Defferre votée en 56. Mais le plus souvent les gouvernements à l’écoute des colons, vont se laisser aller à la répression (Maroc 1953, Madagascar 1947)

L’Indochine symbolise l’échec de la IV° république : Les accords signé avec Hô Chi Minh échouent par la faute des colons, la guerre éclate, fait 600 000 victimes, elle ne concerne que des engagés et des troupes supplétives et se termine par la débâcle de Diên Biên Phu et les accords de Genève.

D) La mort de la République

1° Une république discréditée

De crises ministérielles en crises ministérielles, le parlement se coupe complètement de la nation (elle ne meurt pas sous les coups des assaillants, mais elle n’a plus de défenseurs.) pourtant l’antiparlementarisme progresse comme le prouve la montée du mouvement antifiscal créé par Poujade en 1953, traducteur d’un populisme hostile au changement et aux technocrates (52 députés en 1956. Le slogan : « sortez les sortants », Le pen est un de ces députés.)

2° La guerre d’Algérie

Commencée le 1° novembre 1954, le conflit s’enlise dans des affrontements de plus en plus fréquents, brutaux, opposants la communauté européenne et les nationalistes algériens et ayant pour enjeu les 9 millions de musulmans. Guy Mollet décide l’envoi du contingent en avril 56. La violence se généralise, quadrillages des campagnes, tortures et protestations d’intellectuels se succèdent. Les gouvernements qui défilent sont dépassés par les évènements (Mollet, Bourgès Maunoury, Gaillard) lors de la bataille d’Alger en janvier 57 l’armée obtient carte blanche, elle a tendance à rapprocher ses thèses de celles des ultras de l’Algérie française.

3° De Gaulle et la crise du 13 mai 58

Des activistes s’emparent des bâtiments publics à Alger (veulent empêcher l’investiture de Pflimlin) et installent des comités de salut public. Les généraux Massu et Salan ne participent pas à l’opération mais la couvrent. En France la classe politique n’est pas décidée à accepter la sécession algéroise.

Le général de Gaulle qui a des amis sûrs à Alger prend soin de rallier une partie de la classe politique et notamment Guy Mollet qui voit de Gaulle comme un rempart face au coup d’état possible ainsi qu’au communisme. Pour de nombreux français, il apparaît être le recours face aux extrêmes constitués par l’armée, et l’instabilité parlementaire chronique.

Il est investi le 01 juin 1958 par une majorité de députés qui lui votent les pleins pouvoirs pour 6 mois et lui commandent une nouvelle constitution approuvée par référendum le 28 septembre 1958.

Repères chronologiques

1944 9 gouvernement d’unanimité nationale présidé par De Gaulle

1945 10 Nationalisation, création de la sécurité sociale, élection d’une constituante.

1946 1 démission de De Gaulle puis en 10 référendum adoptant la constitution.

1947 1 fondation du RPF en 5, renvoi des ministres communistes.

1948 sortie de la 2 CV citroën.

1949 fin des restrictions, signature du pacte de l’Atlantique.

1951 4 Naissance de la CECA

1952 5 Lancement de l’emprunt Pinay

1953 De Gaulle dissout le RPF, René Coty élu président.

1954 5 chute de Diem Bien Phu. Le 6 : gouvernement Mendès France

7 Accord de Genève rejet du projet CED. Le 11 : insurrection en Algérie

1955 Chute du gouvernement Mendès France

1956 2 Gouvernement Guy Mollet 3 lois cadres Defferre 4 contingents en Algérie.

11 Expéditions de Suez

1957 Traité de Rome, création de la CEE, démission Guy Mollet.

13 mai, insurrection d’Alger. Le 6 De Gaulle investi. Le 9 : constitution de la V° approuvée.

jeudi 28 mai 2009

Vocabulaire Vème République

Vocabulaire historique

La France de la V° République

Atlantisme : politique qui marque un grand respect pour l’OTAN

CECA : Communauté européenne charbon, acier, 1951. Mise en commun et suppression douanière de ces productions en France, en Italie, en Allemagne et dans le Benelux.

CMU : couverture maladie universelle, couvre en France depuis 1999 les gens incapables de cotiser à la SS.

Cohabitation : situation politique qui voit les 2 responsables de l’exécutif (président et 1° ministre) appartenir à des partis opposés. C’est le cas il y a peu : Chirac – Jospin.

Communautarisme : Repli d’une communauté sur son identité.

DOM: Département d’outre mer depuis 1946, mêmes lois qu’en France avec aménagements possibles (Réunion, Guadeloupe, Martinique et Guyane).

TOM: Territoire d’outre mer depuis 1946, statut d’anciennes colonies restées sous la souveraineté de la France mais moins intégrées que les DOM. Elles sont depuis 2003 devenues des COM (Saint-Pierre et Miquelon, Mayotte, Wallis et Futuna, Polynésie française à l’exception de la Nouvelle Calédonie devenue un TSP.

COM : Collectivité d’Outre mer depuis 2003, statut spécifique à large économie.

TSP : Territoire à souveraineté partagée.

FLN : front de libération nationale, mouvement combattant fondé en 1954 pour l’indépendance de l’Algérie, puis par la suite parti unique jusqu’en 1989.

Gauche plurielle : Ensemble des partis de gauche qui soutiennent Jospin de 1997 à 2002 autour du PS : communistes, Verts, Radicaux de gauche et Mouvement des citoyens de Chevènement.

Harki : Musulman servant d’auxiliaire dans l’armée française

Nationalisme : exploitation politique du sentiment national.

OAS : Organisation armée secrète, mouvement clandestin et terroriste qui tente d’empêcher par tous les moyens les négociations sur l’indépendance de l’Algérie.

OECE: Organisation européenne de coopération économique, 1948, son but : répartir aide plan Marshall, devient en 60 l’OCDE (organisation de coopération et de développement économique)

OS: L’ouvrier spécialisé, c'est-à-dire non qualifié, est en entreprise juste au dessus du manœuvre

ORTF: Office de radiodiffusion télévision française, 1964, contrôlé par le ministre de l’information et divisé en 74 en sociétés indépendantes (Radio France, TF1, Antenne 2, FR3)

Pieds-noirs : Terme revendiqué par les européens en Afrique du nord.

Planification : Elaboration d’un plan d’état avec des objectifs économiques à atteindre.

Prestations sociales : Ensemble de revenus versés par la SS (AF, retraite, chômage, maladie)

PS : Parti socialiste, fondé en 1969 par divers groupes de gauche dont la SFIO.

RMI : Revenu minimum d’insertion, 1988, garantie de ressources pour les plus de 25 ans.

RPR : Rassemblement pour la République, 1976, Chirac, prend la place de l’UDR.

SMIG : Salaire minimum interprofessionnel garanti, 1950 remplacé par le …

SMIC : Salaire minimum interprofessionnel de croissance, 1968, indexé sur la croissance.

Tiers Monde : Terme d’Albert Sauvy, 1952, qui désigne les pays pauvres qui n’appartiennent à aucun des 2 blocs (référence au tiers état de 1789 qui souligne leur misère)

UDF : Union pour la démocratie française, 1978, parti de la droite libérale et des centristes.

UNR : Union pour la nouvelle République,1958, parti fondé par les proches de De Gaulle puis transformé en UD V° en 67 (Union des démocrates pour la V° République) enfin en UDR (Union pour la défense de la République) en 1968

La vie politique sous la Vème Republique

La vie politique sous la V° République

A) De Gaulle et la V° République 1958-1969

1°) La nouvelle constitution

Rédigée pendant les mois d’été autour de M Debré, elle est présentée le 04-09 et approuvée par référendum le 28-09-1958.à 80%. Cette constitution donne de l’importance au président, élu au SU pour 7 ans qui nomme le 1° ministre, peut dissoudre l’assemblée, gouverner par ordonnances et utiliser le référendum par-dessus les chambres. En cas de menaces, il a les pleins pouvoirs. Le 1° ministre qui fixe l’ordre du jour à l’assemblée, peut gouverner par 49,3 (article) La victoire du général est double car en plus du succès énorme du référendum, l’UNR, son parti rafle 40% des sièges de la nouvelle assemblée 2 mois plus tard. Enfin le 21 décembre 1958 le général de Gaulle est élu président de la république. Le 10 janvier Debré devient premier ministre.

2°) La fin du problème algérien

-Que faire de l’Algérie ?

C’est l’Algérie qui a conduit de Gaulle au pouvoir. En visite à Alger en juin 58 son « je vous ai compris » entretient l’ambiguïté. Qui a t’il compris ? (On ne le sait pas encore) les pieds-noirs, les arabes ? A t-il menti délibérément, ou bien a t-il évolué par réalisme devant une situation qu’il considérait irréversible. ?

-Vers une solution politique

La politique de de Gaulle ressemble à celle de ses prédécesseurs, jusqu’en septembre 59 ou il affirme dans un discours le principe de l’autodétermination (Algérie française, Association, ou Sécession). Ce discours marque la cassure totale avec les français d’Algérie (journée des barricades d’Alger en janvier 1960) L’opinion publique métropolitaine semble soutenir le général. Alors que les combats continuent sur le terrain, les termes utilisés par de Gaulle se font plus précis (république algérienne en septembre 60), il en appelle à la nation en janvier 1961 (75% des votes favorables à l’autodétermination) Une partie de l’armée se rapproche des Pieds-noirs et tente un putsch le 22 avril que seuls quelques régiments de parachutistes rallient.

-Le dénouement.

Les négociations avec le FLN. Aboutissent le 18 mars 1962 aux accords d’Evian.. Durant la fin de cette guerre, le conflit touche la métropole : manifestation du FLN réprimée par la police. En même temps attentats de l’OAS. Sur tout le territoire. La manifestation anti-OAS.des partis de gauche est chargée par la police (métro Charonne). 2 échéances électorales sonnent le glas des unionistes : Le référendum du 8 avril 62 qui approuve les accords d’Evian à 90% et le référendum du 1° juillet 62 en Algérie sur l’autodétermination.

Les Pieds-noirs meurtris par ces décisions. Printemps et été sont sanglants, l’exode s’organise vers la métropole (plus les Harkis) et surprend le gouvernement par son ampleur.

3°) Une France plus forte

-Passe par un exécutif plus fort

L’objectif du général est de construire un état fort pour faire une France forte, il envisage à cet effet de modifier la constitution pour faire élire le président de la république au S.U. Tous les partis politiques y sont opposés et font campagne contre. Le oui passe le 28 octobre 1962 avec 62% des suffrages. Et sur la lancée, les élections législatives du mois de novembre lui assurent la majorité avec l’aide des R.I. de Giscard d’Estaing.

L’opposition au général est dispersée, Gaston Defferre tente de la rassembler autour de la SFIO, mais ce projet échoue en 1965. François Mitterrand prend le relais et réussit à regrouper socialistes, communistes et radicaux sur son nom aux élections présidentielles de 1965.

-Et une indépendance affirmée

Le redressement du pays passe par la reconnaissance du rang de la France dans le monde, et cette grandeur passe par l’indépendance nationale. Il faut donc que la France dispose de la dissuasion nucléaire. Chose faite en Algérie le 13-2-60(bombe A) et le 24-8-68 (bombe H) dans le pacifique. Elle se dote aussi de porteurs Mirages IV, missiles sol-sol.

C’est dans cet optique que la France quitte l’OTAN en 1966, et que la politique américaine au Vietnam est dénoncée (Discours de Phnom Penh). C’est aussi dans ce sens qu’il faut interpréter son attitude prudente vis à vis de la construction européenne et de l’entrée du Royaume Uni.

Sa politique de décolonisation pacifique a conforté sa position et celle de la France dans le Tiers Monde. La monnaie est stabilisée et soutenue par une politique budgétaire stricte et équilibrée. Le nouveau franc est créé. De grands projets voient le jour dans cette décennie : le Concorde, le procédé SECAM. La France des 30 glorieuses a une croissance forte, elle compte 21 000 chômeurs en 62.

4°) Le second septennat

-L’usure

5 candidats se présentent contre de Gaulle (Lecanuet et Mitterrand) aux élections présidentielles de décembre 65 : 85% de participants. Ballottage au 1° tour avec 44,7% des voies (31,7% pour Mitterrand) puis victoire au second avec 54,2% des suffrages.

Aux législatives de mars 1967 l’opposition de gauche progresse. Gaullistes et RI ne conservent la majorité absolue que d’un siège (244 contre 243)

-Mai 68

Ces évènements surprennent tout le monde.

La crise est d’abord universitaire. L’idéologie gauchiste conteste la société capitaliste, condamnée par le communisme, elle s’implante en milieu étudiant. Début mai, des heurts entre étudiants et policiers à Paris déclenchent le mouvement. Les facultés font grève, le quartier latin se couvre de barricades le soir du 10 mai.

Elle devient sociale. Pour protester contre la répression policière et le régime gaulliste, les syndicats ouvriers appellent à la grève qui touche en quelques jours la plupart des entreprises.

Et se termine en crise politique. Le pouvoir chancelle t-il dans ces journées de mai 68 ? Il semble incapable de contrôler la situation. Le 24 mai, la crise sociale paralyse la France.

-Le sursis

Les accords de Grenelle signés entre le patronat et les syndicats le 27 mai sont rejetés par les salariés. Le PC, d’abord hostile au mouvement (qu’il n’avait pas prévu) fait plus de bruit que les autres. Mitterrand déclare qu’il est prêt à assumer le pouvoir (29 juin.)

C’est à ce moment là, le 30 juin que de Gaulle reprend la situation en main, une immense manifestation de soutien est organisée à Paris le jour même.

Les élections législatives organisées fin juin ramènent les gaullistes en force à l’assemblée.

Sur mai 68. C’est un phénomène qui concerne tous les pays industriels et pas uniquement la France. (Montée du baby boom ?) La France est le seul pays ou il y ait eu crise politique.

-Le départ

Le général est très touché par cette crise, et la victoire électorale apparaît comme un sursis d’autant plus que le rôle de Pompidou y est très important. Le président propose alors un nouveau référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. A l’opposition traditionnelle de gauche, vient s’ajouter celle des R.I. de Giscard. Le dos au mur, le général déclare à la télévision que désavoué, il démissionnerait. Le 27 avril 1969, 52% des français votent non, le lendemain de Gaulle tient parole.

La V° république devra survivre politiquement à son créateur.

B) L’après de Gaulle : 1969-1981, La droite au pouvoir

1°) Pompidou

- Son élection

1° ministre du général pendant 6 ans. Il est élu en Juin, après l’intérim assuré par A Poher, le président du Sénat. 4 candidats, Pompidou soutenu par les gaullistes et les RI 44% des voix, Defferre candidat des socialistes 5% et Duclos des communistes 21,5%. Un centriste Poher 23,5%.

Au second tour, Pompidou (58%) l’emporte devant Poher 42%, les communistes ont appelé à l’abstention (« blanc bonnet, bonnet blanc ») L’héritage gaulliste est sauvé, il maintient la politique précédente tout en infléchissant sa position sur l’Europe.

-La nouvelle société de Chaban-Delmas.

Chaban-Delmas gaulliste nommé 1° ministre, pour une politique d’ouverture, s’entoure de syndicalistes : Delors, de centristes : Giscard d’Estaing. Il veut construire une nouvelle société plus juste (création du SMIC, généralisation du salaire mensuel)

Le contexte est toujours favorable, mais l’ambiance est à la contestation, gauchisme, MLF la gauche se rétablit à partir du congrès d’Epinay (PS) le programme commun est signé en 1972 entre le PC, le PS et les radicaux de gauche.

La droite traditionnelle trouve les réformes de Chaban-Delmas trop hardies.

2°) Messmer et les années de crise : 1973-1975

-Les dernières bonnes années.

P. Messmer devient 1° ministre le 5-7 72, il s’agit d’un recentrage sur une politique plus conservatrice pour gagner les élections législatives de 1973, placées sous le signe de la bipolarisation, la gauche progresse nettement, mais la droite reste majoritaire.

La droite au pouvoir est confrontée à une agitation sociale multiforme, grèves traditionnelles, mouvements lycéens, étudiants, mais aussi grèves novatrices, très longues, avec tentatives d’autogestion (Lip) manifestations antimilitaristes (Larzac), régionalistes (Bretagne, VVAP).

Fin 73, le choc pétrolier atteint l’économie Française au moment ou la santé du président se dégrade Il meurt le 2 4-74.

-La fin des 30 glorieuses

Le choc pétrolier survient brutalement à l’automne 1973, ses effets se font rapidement ressentir et sont durables, la production industrielle qui a doublé les 12 années précédentes, n’augmente que de 10% les 12 années suivantes. Ce sont des années de stagnation.

Dés 1974, la hausse des prix atteint 15%, alors que l’on s’attendait à une amélioration (plan Barre), le second choc pétrolier replonge l’économie française dans le marasme (14% en 1980) la France connaît la stagnation en même temps que l’inflation de 450 000 chômeurs en 1974, la France passe à 1 650 000 en 1981. Le gouvernement est désarmé devant ce phénomène nouveau, la droite proclame qu’elle a les solutions pour régler cette crise

3°) Giscard : Le changement dans la continuité

-Les élections de 1974

Un candidat unique à gauche : Mitterrand (programme commun), 2 candidats à droite, le gaulliste Chaban-Delmas et le RI Giscard d’Estaing (une partie des gaullistes, avec à leur tête Chirac, soutiennent Giscard.)

Chaban-Delmas obtient 15% des voix, Giscard d’Estaing 32,5%, Mitterrand 43,2%. Au second tour Mitterrand est battu de 425 000 voix

-Chirac 1° ministre 1974-1976

La nomination d’un gaulliste (même s’il a changé de camp pour l’élection) est normale car l’assemblée est à dominante gaulliste. Elle permet au gouvernement de fonctionner.

Plusieurs mesures importantes : la majorité à 18 ans, libéralisation de la contraception, divorce par consentement mutuel, loi Veil sur l’IVG. Mais les difficultés liées au contexte économique ne sont pas dépassées, la majorité se lézarde, tensions entre gaullistes et RI, Chirac démissionne en juin 76.

-La politique extérieure

C’est le domaine qui sépare le plus gaullistes nationalistes et RI pro-européens, c’est sous la présidence de la France qu’est décidée l’élection du parlement européen au S.U.

La politique africaine est plus classique avec le soutien marqué à tous les régimes favorables à la France, 2 interventions militaires au Tchad 1978, 1980 et une au Zaïre en 1978 pour rétablir Mobutu.

-R. Barre 1976-1981

R. Barre est un libéral, pour lutter contre l’inflation, il libère les entreprises du contrôle des prix et les aide à l’exportation, mais le 2° choc politique de 1979 compromet ses efforts. Il est obligé de relever les prélèvements sociaux pour assister les chômeurs, en même temps, les syndicats le combattent pour sa politique d’austérité.

Le gouvernement Barre est également affaibli par les tensions entre gaullistes (RPR) et centre droite (UDF), même s’ils réussissent à s’entendre à l’occasion des élections législatives qu’ils remportent en 1978.

Ce gouvernement est aussi affaibli par la montée en puissance de la gauche, même si elle est battue, car désunie, aux élections de 1978.

En fait toute la vie politique de ces dernières années Giscard d’Estaing est orientée vers la présidentielle de 81. A gauche candidature de G. Marchais pour les communistes et de Mitterrand pour les socialistes (il doit se débarrasser de Rocard). A droite idem, Giscard d’Estaing doit compter sur la candidature gaulliste de Chirac.

La campagne électorale, sur fond de crise, est très suivie. Des scandales vont affaiblir la position de Giscard d’Estaing alors que la gauche propose de moraliser la vie politique. Avec 51,7% des voix Mitterrand devient le premier président de gauche de la V° république

C°) Les années d’alternance et de cohabitations. 1981-2000

1°) 1981, Mitterrand président

-L’état de grâce

Le président dissout l’assemblée et sur la lancée de la victoire aux présidentielle, le PS remporte haut la main les élections législatives avec 285 sièges (majorité absolue)

P.Mauroy, nommé 1° ministre inclut 4 ministres communistes dans son équipe, la peine de mort est abolie, la situation des immigrés clandestins est régularisée, dans le social, semaine des 39 heures, 5° semaine de congés payés, retraite à 60 ans. Impôt sur les grandes fortunes. L’idée de base, augmenter le Smic ou les prestations sociales pour relancer la consommation et au delà, l’emploi. 5 sociétés industrielles (St Gobain, CGE, PUK, Rhône Poulenc, Thomson) 2 compagnies financières (Suez, Paribas) et 36 banques sont nationalisées. Objectif : éviter les licenciements et favoriser la reprise économique.

-Les difficultés

Ces mesures sont peu efficaces et les difficultés persistent : inflation, déficit de la balance, chômage. Dés juin 82, Delors, ministre des finances annonce une politique de rigueur, le franc est dévalué 3 fois de file (81, 82, 83) Les élections cantonales, municipales et européennes sanctionnent les socialistes et marquent l’apparition du FN sur la scène politique.

La réforme Savary sur l’union des écoles privées et publiques est violemment contestée, le projet est retiré. Fabius remplace Mauroy

2°) 1986, La première cohabitation

-Chirac premier ministre

Les législatives de 1986 assurent la victoire de la droite et la « divine surprise » du FN (35 députés). Pour la première fois sous la 5° république, président et assemblée ne sont pas du même parti : J.Chirac est appelé 1° ministre, il entreprend des privatisations (industrie, assurance, banque) supprime l’impôt sur les grandes fortunes et l’autorisation administrative de licenciement. Mais le gouvernement se trouve vite en difficultés. En 1986, une vague d’attentats secoue Paris, des manifestations étudiantes font un mort pendant qu’une grève de la SNCF paralyse le pays pendant 1 mois

-L’élection de 1988

L’année 1987 n’est pas meilleure, Le krak boursier rend les privatisations très difficiles, tandis qu’en Nouvelle Calédonie les affrontements gendarmes - Canaques font 25 morts. Le chômage augmente régulièrement. C’est dans cette ambiance que s’annoncent les élections du 24 avril : La droite est en recul, Chirac (RPR) 20% et Barre (UDF) 16,5% alors que l’extrême droite, Le Pen atteint 14,5%. La gauche, Lajoinie (PC) 7% et Mitterrand 34%, paraît en difficulté. Pourtant au second tour Mitterrand est réélu avec 54% des voix. Il aura fallu 2 ans de pouvoir à Chirac pour lasser son électorat.

3°) 1988-1995, Le second mandat

-Rocard premier ministre

Rocard est nommé premier ministre mais il doit gouverner avec une majorité relative. Il crée le RMI, rétablit l’impôt sur les grandes fortunes. Il mène une politique de rigueur financière en même temps qu’une politique sociale fondée sur le dialogue mais les problèmes de l’emploi restent préoccupants, les mouvements sociaux persistent (banlieue, lycéens) et les déficits publics ne cessent de s’accroître.

Les luttes de sérail secouent la maison PS : Jospin, Rocard, Fabius ont tous leurs partisans et c’est un problème de personne que Rocard est « viré » par Mitterrand.

-La politique extérieure

Le pouvoir socialiste maintient la France dans le camp occidental sans ambiguïté, en même temps, il continue le choix gaulliste d’émancipation militaire en lançant la construction d’un nouveau sous-marin nucléaire. Pendant la guerre du golfe (fin 91, début 92) intervention française aux cotés des Américains.

L’effondrement du communisme va rapprocher la France de l’Allemagne (peur que la réunification de l’Allemagne ne la détache de l’Europe), pour la consolidation de l’UE. Le traité de Maastricht –1992- prévoit une monnaie unique européenne pour 1999

-Edith Cresson premier ministre

Le choix est d’abord bien accueilli, mais bien vite la politique déçoit, il est vrai que le contexte économique n’est pas bon, chute de la croissance, mouvements sociaux, (paysans, infirmières). Les scandales politico-financiers ternissent l’image d’un parti qui avait fait de la morale politique un argument électoral.

Les socialistes sont sanctionnés aux régionales et cantonales de 1992 (18% des voix) alors que le FN atteint les 14% ainsi que les écologistes (14%)

-Bérégovoy premier ministre

Appelé en remplacement de Cresson (qui est restée moins de 12 mois) Bérégovoy axe sa lutte contre 3 fléaux : le chômage, l’insécurité et la corruption. Mais les temps sont durs et fin 92 le cap des 3 M de chômeurs est dépassé. Par contre l’inflation est jugulée (2%) et la balance commerciale rééquilibrée.

Le référendum sur le traité de Maastricht (oui = 51%) ne rassure pas le gouvernement d’autant plus que les scandales se multiplient : délits d’initiés (affaire Péchiney) affaire du sang contaminé (Fabius). Crise morale lourde.

-La cohabitation Balladur

Dans ce contexte difficile, les législatives de 1993 sont catastrophiques pour les socialistes (17,5% des voix) l’opposition triomphe (44%) le FN (12,4) le PC (9,2) la droite compte 485 sièges et la gauche 92. Mitterrand doit appeler un des leaders du premier parti : Edouard Balladur. Il se lance dans une campagne de privatisation et procède à la réforme du régime des retraites en 94 (allongement du temps de cotisation.) Le nombre de chômeurs est loin de diminuer mais la cote de Balladur reste au beau fixe, à tel point qu’entre lui et Chirac naît une rivalité. Le président de la république est affaibli par la maladie ainsi que par les révélations de son passé vichyssois. Le 2° septennat Mitterrand ressemble au 1°, il se termine par une cohabitation parce que dans les 2 cas la gauche usée par l’exercice du pouvoir a perdu les élections.

4°) 1995 Chirac président

-L’élection de 1995

Aux élections du printemps 95, 2 candidats à droite tous les 2 au RPR : Chirac, 20,8%, Balladur, 18,6%. A gauche : Hue PC fait 8,6% et Jospin PS, 23,3%. Le Pen FN fait 15%.

Chirac est élu au 2° tour. Cette élection marque l’entrée en force dans la politique française du vote protestataire : FN, Extrême gauche et Ecologistes réalisent 30% des voix.

-Juppé premier ministre

Alain Juppé appelé le 17-5-95, très vite grosses difficultés : comment réduire le poids de la dette de l’état sans augmenter les impôts alors que Chirac, dans sa campagne présidentielle avait promis le contraire ? Les réformes engagées par Juppé sur la sécurité sociale et sur la retraite des fonctionnaires sont mal acceptées, grandes grèves de 12-95. Durant cette année 95, la France est la cible du terrorisme islamiste algérien stoppé en octobre, la situation économique ne s’arrange pas, le chômage continue de croître.

-La cohabitation Jospin

En avril 97, (On ne sait toujours pas pourquoi) Chirac dissout l’assemblée nationale …et perd les élections. Jospin est alors appelé pour former un gouvernement qui comprend socialistes, communistes et écologistes, il poursuit la politique de réduction de la dette de l’état, augmente les impôts, la durée du travail passe à 35 heures/semaine. Le chômage sera t-il réduit ?