samedi 30 mai 2009

La IVème Republique

La IV° république

Cette république de 12 ans : 1946-1958, souffre d’un grand discrédit dans la mémoire collective. La faute en revient pour l’essentiel, au fait qu’elle n’ait pas su gérer la décolonisation de son empire. Elle est dirigée par des coalitions instables et inefficaces. La classe politique se coupe de la nation qui accueille le général De Gaulle en sauveur.

A) Reconstruire la république

1° Finir la guerre

L’armée française, en participant à la campagne d’Allemagne reçoit avec les alliés, la reddition du Reich. La face est sauvée mais le bilan économique est très lourd. 72 départements bombardés. La production industrielle de 1945 = 40% de celle de 1939. Les conditions de vie quotidienne sont dures : il fait froid et l’on a faim, le rationnement se continue. L’économie est désorganisée : pénurie de charbon, transports déficients, les prix grimpent.

Le personnel de Vichy est jugé : Pétain et les principaux collaborateurs devant une haute cour, 125 000 devant des cours de justice : 44 000 condamnations à la prison. Mais ces sanctions ont peu touché la collaboration économique, et l’épuration extra judiciaire a fait 1300 victimes.

2° Il faut rénover la France

Moderniser est le maître mot de cette période. Pour faire redémarrer l’économie, l’état, par le biais des nationalisations va s’impliquer dans l’énergie (charbonnage de France, EDE, GDF) dans le crédit (Banque de France, crédit Lyonnais, Société générale, Banque nationale pour le commerce et l’industrie, Comptoir national d’escompte de Paris) plus la nationalisation sanction de Renault.

En même temps, pour promouvoir la démocratie sociale, les comités d’entreprise sont créés. Un statut des fonctionnaires est élaboré. La Sécurité sociale voit le jour en octobre 1945. Pour lutter contre le malthusianisme, un système d’allocation aux familles est instauré.

3) Les institutions

Le droit de vote est donné aux femmes en 1944 (ordonnance d’avril) Par contre coup de l’autoritarisme antiparlementaire de Vichy, les députés se réservent le pouvoir effectif :( voir schéma.)

B) La vie politique

1° Le tripartisme

Jusqu’au 20 janvier 1946 (date de démission du général De Gaulle,) l’unité prévaut même si ce dernier entend gouverner alors que les partis défendent leurs prérogatives.

3 partis dominent la vie politique de cette période : Le PCF, parti communiste français. La SFIO, la section française de l’internationale ouvrière, appelée aussi socialiste, enfin le MRP, le mouvement républicain populaire fondé en 1944 et qui est un mouvement démocrate chrétien. Le tripartisme ne résiste pas à la guerre froide et au printemps 1947, Paul Ramadier président du conseil démet les ministres communistes.

Dés lors, la politique sera dominée par des gouvernements d’entente dont les piliers seront la SFIO et le MRP. Mais les majorités seront toujours fragiles, instables et déboucheront sur des successions de crises ministérielles qui feront renaître l’antiparlementarisme.

Quels sont les sujets d’affrontement ? La place de la France dans la guerre froide. La construction de l’Europe, la décolonisation, le dirigisme politique, la politique laïque ou pas ?

2° Sa contestation ;

Face à ces forces dirigeantes, 2 forces contestataires : le RPF rassemblement du peuple français, fondé par le général De Gaulle en 1947 : il dénonce la menace communiste et l’impuissance du système politique Il se dissout en 1953.

Le PCF, parti communiste français, quasiment toujours dans l’opposition après 1947, entre 20 et 30% de l’électorat, se veut un parti révolutionnaire, le symbole de la résistance, le défenseur des petits contre les gros. Mais sa défense inconditionnelle de l’URSS l’handicape.

3° 2 hommes émergent de cette période :

Antoine Pinay, vient de la droite modérée, investi en mars 1952 il devient populaire à droite et au centre pour avoir stabilisé le franc bloqué l’inflation et créé un emprunt indexé sur l’or sans droit de succession. La signature du CED (communauté européenne de défense) l’éloigne du gouvernement.

Pierre Mendés France, membre du parti radical, ancien résistant forme un gouvernement en juin 54 qui termine la guerre d’Indochine (accords de Genève 7-54) engage le processus d’indépendance de la Tunisie. Sa façon de faire efficace, rigoureuse et transparente séduit cadres, jeunes et femmes mais il est « renversé » en 2-55. Représentait il la dernière chance de rénover le système politique ?

(pour les communistes, il était trop atlantiste, pour les MRP, pas assez européens, pour les « pieds noirs » pas assez répressifs. En fait beaucoup d’inimitiés liées à l’antisémitisme.)

C) Le bilan de la IV°

1° La reprise de la croissance

La France connaît une grave crise du logement, de plus l’écart entre le nord de la Loire dynamique et le sud tend à se creuser. Mais les différents gouvernements ont été capables de faire des choix qui stimulent la croissance des 30 glorieuses notamment en utilisant les crédits du plan Marshall. De 1950 à 1958, le revenu national, le pouvoir d’achat, la consommation, les exportations progressent de 40 à 50%. C’est la production industrielle 6% l’an qui profite le plus.

2° La pari sur l’Europe

MRP, radicaux et une partie de la SFIO veulent construire une communauté européenne., avec le soucis d’élargir le marché, de créer de la richesse et de faire face au bloc communiste.

Robert Schuman, et Jean Monnet sont les initiateurs de la CECA. S’ils ne parviennent pas à faire ratifier le projet de CED en 1954, le traité de Rome, acte de naissance de la CEE est voté en mars 57 par le gouvernement Guy Mollet.

3° Le fardeau de la décolonisation.

La IV° république est prise entre un PCF puissant et anticolonialiste d’un coté et une large majorité de parlementaires et de citoyens qui pensent que la disparition de l’empire français signifierait la décadence de la métropole de l’autre coté.

Pour l’Afrique noire et la Tunisie, cela ne se passe pas trop mal grâce à la loi cadre de Defferre votée en 56. Mais le plus souvent les gouvernements à l’écoute des colons, vont se laisser aller à la répression (Maroc 1953, Madagascar 1947)

L’Indochine symbolise l’échec de la IV° république : Les accords signé avec Hô Chi Minh échouent par la faute des colons, la guerre éclate, fait 600 000 victimes, elle ne concerne que des engagés et des troupes supplétives et se termine par la débâcle de Diên Biên Phu et les accords de Genève.

D) La mort de la République

1° Une république discréditée

De crises ministérielles en crises ministérielles, le parlement se coupe complètement de la nation (elle ne meurt pas sous les coups des assaillants, mais elle n’a plus de défenseurs.) pourtant l’antiparlementarisme progresse comme le prouve la montée du mouvement antifiscal créé par Poujade en 1953, traducteur d’un populisme hostile au changement et aux technocrates (52 députés en 1956. Le slogan : « sortez les sortants », Le pen est un de ces députés.)

2° La guerre d’Algérie

Commencée le 1° novembre 1954, le conflit s’enlise dans des affrontements de plus en plus fréquents, brutaux, opposants la communauté européenne et les nationalistes algériens et ayant pour enjeu les 9 millions de musulmans. Guy Mollet décide l’envoi du contingent en avril 56. La violence se généralise, quadrillages des campagnes, tortures et protestations d’intellectuels se succèdent. Les gouvernements qui défilent sont dépassés par les évènements (Mollet, Bourgès Maunoury, Gaillard) lors de la bataille d’Alger en janvier 57 l’armée obtient carte blanche, elle a tendance à rapprocher ses thèses de celles des ultras de l’Algérie française.

3° De Gaulle et la crise du 13 mai 58

Des activistes s’emparent des bâtiments publics à Alger (veulent empêcher l’investiture de Pflimlin) et installent des comités de salut public. Les généraux Massu et Salan ne participent pas à l’opération mais la couvrent. En France la classe politique n’est pas décidée à accepter la sécession algéroise.

Le général de Gaulle qui a des amis sûrs à Alger prend soin de rallier une partie de la classe politique et notamment Guy Mollet qui voit de Gaulle comme un rempart face au coup d’état possible ainsi qu’au communisme. Pour de nombreux français, il apparaît être le recours face aux extrêmes constitués par l’armée, et l’instabilité parlementaire chronique.

Il est investi le 01 juin 1958 par une majorité de députés qui lui votent les pleins pouvoirs pour 6 mois et lui commandent une nouvelle constitution approuvée par référendum le 28 septembre 1958.

Repères chronologiques

1944 9 gouvernement d’unanimité nationale présidé par De Gaulle

1945 10 Nationalisation, création de la sécurité sociale, élection d’une constituante.

1946 1 démission de De Gaulle puis en 10 référendum adoptant la constitution.

1947 1 fondation du RPF en 5, renvoi des ministres communistes.

1948 sortie de la 2 CV citroën.

1949 fin des restrictions, signature du pacte de l’Atlantique.

1951 4 Naissance de la CECA

1952 5 Lancement de l’emprunt Pinay

1953 De Gaulle dissout le RPF, René Coty élu président.

1954 5 chute de Diem Bien Phu. Le 6 : gouvernement Mendès France

7 Accord de Genève rejet du projet CED. Le 11 : insurrection en Algérie

1955 Chute du gouvernement Mendès France

1956 2 Gouvernement Guy Mollet 3 lois cadres Defferre 4 contingents en Algérie.

11 Expéditions de Suez

1957 Traité de Rome, création de la CEE, démission Guy Mollet.

13 mai, insurrection d’Alger. Le 6 De Gaulle investi. Le 9 : constitution de la V° approuvée.

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