lundi 13 octobre 2008

Leçon 3 : Le modèle américain

LE MODELE AMERICAIN

A) Une démocratie de marché

1°) La séparation des pouvoirs
Les institutions démocratiques datent de la formation des USA. Créée en 1787, la constitution a connu 26 amendements. Les 3 pouvoirs sont séparés, le président élu pour 4 ans incarne l’exécutif (chef d’état et de gouvernement) Le congrès représente le pouvoir législatif chambre des représentants, élue proportionnellement à la population, le Sénat, 2 élus/ état) Le pouvoir judiciaire appartient à la cours suprême composée de 9 juges à vie.

L’équilibre des pouvoirs garantit la solidité de la constitution. Le président choisit les membres de son gouvernement, ne sont responsables que devant lui. Il est chef de l’armée, de l’administration et dirige la politique extérieure, il ne peut être élu que 2 fois. Le congrès ne peut être dissous, il peut déclarer la guerre et même destituer le président (impeachment pour trahison et forfaiture).

2°) La défense des libertés.

La démocratie américaine repose sur les garanties des droits et libertés des personnes. Les 10 premiers amendements (1791) ne concernent que cet aspect : liberté de réunion, d’opinion, d’association, de parole, le 13° interdit l’esclavage (1865), le 15° reconnaît l’égalité du droit de vote quelle que soit la couleur (1870). Le droit de vote des femmes est octroyé en 1920.

La démocratie américaine est caractérisée par le pluralisme politique : le parti Démocrate apparaît en 1829, il s’appuie sur les états du Sud et de l’Ouest, il milite pour la défense des minorités, l’intervention économique et sociale de l’état fédéral. Le parti Républicain apparaît en 1854, plus conservateur, il est lié aux hommes d’affaires du Nord Est. La presse indépendante (le 4° pouvoir) très puissante financièrement, joue un rôle de 1° plan.

3°) Respect de la liberté d’entreprise

= libéralisme économique. En dehors d’un rôle moteur joué par l’état (encouragement de l’immigration, de la conquête de l’ouest –aide à la construction de voies ferrées- législation douanière très protectionniste) la croissance est laissée aux libres forces du marché, à l’initiative et à la concurrence. Réglementation et Législation sont réduites au minimum (les partis politiques de gauche et le syndicalisme à l’européenne sont inexistants).

Cette liberté économique a des effets pervers, d’elle naît de très grandes inégalités sociales dont souffrent en 1° la minorité de couleur, la grande crise de 1929 lui est aussi imputée (ultra-libéralisme moral, sans barrière ni frein).

B) Une économie dominante.

1°) L’hégémonie en 1945

Grands gagnants du conflit : avec 64 millions d’actifs assurent la ½ moitié de la production mondiale. Supériorité dans tous les secteurs (antibiotiques, textiles synthétiques, avion à réaction, ordinateurs, nucléaire) large avance technologique et haut niveau de productivité. Le monde manque de tout, ils ne manquent de rien. Leur puissance financière est impressionnante ils détiennent les ²/3 de l’or mondial et le monde entier est leur débiteur.

Leur prestige à son apogée, sont regardés comme les grands vainqueurs du conflits, les champions de la liberté, fascination leur mode de vie (distribution de chocolat, de chewing-gums, de bas nylon par les G I).

2°) Le rôle d’après guerre
Ils vont définir le nouveau système monétaire (conférence Bretton Woods 1944) impose la stabilité des taux de change, coopération internationale organisée autour du FMI et de la banque. Le dollar devient l’égal de l’or comme monnaie internationale. Ne veulent plus des batailles monétaires et des dévaluations sauvages d’avant guerre.
Ils sont à l’origine de la création de l’ONU (idée de Roosevelt) conférence de San Francisco en juillet 1945, qui regroupe 51 états, gage de sécurité collective pour assurer la paix. Tous les pays ont une voix, même si 5 d’entre eux, les plus importants, ont une représentation permanente au conseil de sécurité.
Ils sont aussi les champions du libre échange, et à leur initiative, 23 pays (80% du commerce mondial) vont signer le GATT (ancêtre du OMC de 1995) qui vise à émanciper le commerce mondial de la tutelle trop étroite de certains états.
Un rôle moteur dans la reconstruction. Ils financent le redressement de l’Europe occidentale, sous forme de secours d’urgence jusqu’en 47, puis sous une forme planifiée, considérant que la misère était le meilleur allié de Staline. Lancement du plan Marshall qui injecte 12 milliards de dollar gratuitement dans 16 pays. Ils suscitent aussi de nouveaux foyers de croissance en Asie ; en 1951, ils s’engagent dans une politique d’aide aux Japon, ils investissent également en Corée du Sud, Aux Philippines et à Taiwan. C’est un outil de lutte contre le communisme.

C) Un modèle en crise
1°) Un déclin économique relatif.
La supériorité américaine s’amenuise dans les années 60 copiant leur système de production, les pays qu’ils ont aidés ont une croissance plus grande que la leur. En 1971 pour la première fois du siècle leur balance commerciale est déficitaire.
Le dollar connaît alors sa première crise de confiance : pour faire face aux dépenses militaires (guerre du VietNam) et aux investissements des firmes multinationales, les USA font marcher la planche à billets. A la longue les détenteurs de dollar prennent peur et les convertissent en or provocant une chute spectaculaire des réserves en or du pays.

2°) Un modèle contesté.

Contesté de l’intérieur, tout d’abord par la communauté noire qui multiplie les marches, les manifestations, les « sit-in » pour leur intégration (meurtres de Kennedy en 63, de Malcom X en 65, de Martin L King et de Robert Kennedy en 68) puis par la communauté chicanos et celle des indiens Le mythe du « melting pot » est bien malade, d’autant plus que 40 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. En même temps le gouvernement US inquiété de l’extérieur, après Cuba, peur de voir toute l’Amérique latine basculer dans le communisme. La guerre du VietNam tourne au cauchemar, comment peut on associer USA et liberté alors que toutes les télévisions du monde montrent ses soldats tuer. Les comités de soutien au Vietnamiens fleurissent partout. Contestation en faveur de la paix aux USA même.

3°) La décennie du doute

Le déclin semble s’aggraver au début des années 70, pour lutter contre la fuite des capitaux Nixon supprime la convertibilité du dollar en or et le laisse flotter à la baisse, au même moment (printemps 73) les G.I. quittent le Vietnam que dominent totalement les forces communistes en 1975. Entre ces 2 dates, le choc pétrolier provoque une récession.

C’est à ce moment que la fonction présidentielle américaine subit un fort préjudice :

En août 74, le vice président Agnew, accusé de corruption doit démissionner Nixon doit en faire autant après une sombre histoire de cambriolage et d’espionnage. Ford qui lui succède est sans légitimité, Carter, élu en 1976 est plein de bonnes intentions mais manque de charisme.

D) La résurrection
1°) La révolution Reagan

Elu de 1980 à 1988, cet ancien acteur (de série B) gouverneur de Californie affirme que « l’état ne résout pas les problèmes, il est le problème » il se propose de vaincre l’inflation et de remettre le pays au travail. Il prévoit une baisse des impôts, une déréglementation des entreprises et une réduction des aides de l’état aux défavorisés accusés d’entretenir des « parasites sociaux » aux dépens des créateurs de richesses.

Il dénonce le laxisme de la diplomatie américaine « Amerika is back » face à « l’empire du mal » l’URSS.

Les USA se lancent dans de grandes dépenses militaires, l’IDS (Initiative de défense stratégique) dans le but d’essouffler les russes à les suivre.

Les résultats sont contradictoires : Les dépenses militaires relancent l’économie dés 1983, mais combinées à la baisse d’impôts elles entraînent un énorme déficit. La hausse des taux d’intérêt brise l’inflation mais provoque une envolée du dollar qui pénalise les exportations. La déréglementation attire les investisseurs étrangers mais entraîne un krach boursier (1987) et la faillite des caisses d’épargne (1988). Le chômage recule mais les emplois précaires pullulent.

2°) Le retour au premier plan.

Depuis 1991 et l’effondrement de l’Union Soviétique, les voici grands vainqueurs de la guerre froide. Avec la guerre du golfe, ils s’assurent le contrôle des ressources pétrolières du Moyen Orient. Leur intervention en Yougoslavie après l’échec des européens et de l’ONU fait d’eux les gendarmes du monde. Ils se permettent même de soutenir la transition Russe. Clinton avec « l’enlargement » propose la mondialisation du modèle américain.

Alors que les japonais sont secoués par le krach boursier de 1990, que les NPI voient leur monnaie s’effondrer, que l’Europe s’efforce d’unifier sa monnaie, l’Amérique retrouve son efficacité, renoue avec la confiance. Les émeutes de Californie en 1992 rappellent l’ampleur des inégalités mais n’empêchent pas le pays de rentrer dans le XXI° siècle avec beaucoup d’atouts.

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